Mexique: décès de Vicente Fernandez, le « Sinatra des mariachi »  

Le roi de la chanson populaire et star des orchestres "mariachi", Vicente Fernandez, le 6 octobre 2019 à Guadalajara, au Mexique
Le roi de la chanson populaire et star des orchestres « mariachi », Vicente Fernandez, le 6 octobre 2019 à Guadalajara, au Mexique afp.com – Ulises RUIZ

Le Mexique est en deuil: son roi de la chanson populaire et star des orchestres « mariachi », Vicente Fernandez est mort dimanche, jour du pèlerinage à la vierge de Guadalupe, la sainte-patronne du pays.

Le crooner aux sombreros et aux romances qui ont bercé des soirées de fête et des générations de coeurs brisés du Mexique à l’Argentine s’est éteint à 81 ans dans un hôpital de Guadalajara, la deuxième ville du pays, a indiqué sa famille sur Instagram.

Le maître absolu des « rancheras », chansons sur les tourments de l’amour à plusieurs guitares et inévitables trompettes, était hospitalisé depuis une chute début août dans son ranch près de Guadalajara, capitale de l’état du Jalisco, berceau de la tequila et fief du plus dangereux cartel de la drogue en activité.

Avant les obsèques –qui doivent se dérouler en privé lundi–, la famille a ouvert le ranch du chanteur pour que le public puisse lui rendre hommage.

Environ 7.000 admirateurs ont défilé devant son cercueil, sur lequel reposait son sombrero.

L’interprète sentimental et macho assumé de « Por tu maldito amor » (« Pour ton amour maudit ») et de la très aigre-douce « Que te vaya bonito » (« Je te souhaite le meilleur ») a vendu 70 millions de disques en cinquante ans d’une carrière couronnée par trois Grammys et neuf « Latin Grammys ».

Icône d’un Mexique tout en ombres et lumières, raffiné et violent, « Chente » a connu le drame de sa vie pendant une tournée en 1998 quand son fils Vicente Fernandez Jr a été enlevé pendant 121 jours avec une demande de rançon de 10 millions de dollars par une bande criminelle qui lui a coupé deux doigts.

Un de ses autres fils aurait été l’ami d’un capo du cartel de Sinaloa, selon la journaliste argentine Olga Wornat qui vient de publier une biographie non-autorisée par la famille, « El ultimo rey » (« le dernier roi »).

Avec ses bottes, ses favoris, ses sourcils épais et sa moustache, le « Sinatra de la musique ranchera » –comme l’a surnommé le journal américain The Houston Chronicle en 1991– vouait une haine féroce à l’un de ses rivaux décédés en 2016, Juan Gabriel, « parce qu’il était gay et +Chente+ était un homme d’une autre époque », ajoute Olga Wornat.

Très symboliquement, Fernandez tire sa révérence le jour où des dizaines de milliers de pèlerins convergent vers le sanctuaire de la vierge de Guadalupe à Mexico, source d’inspiration des orchestres mariachis.

Et le jour où un club de football de Guadalajara, Atlas, a remporté son premier titre de champion depuis 70 ans. Un hommage a été rendu par la foule qui a observé une minute de silence et chanté « Volver, volver », un autre succès du chanteur.

Entre autres multiples réactions, le président Andres Manuel Lopez Obrador a salué un « symbole de la musique ranchera de notre temps, connu et reconnu au Mexique et à l’étranger ».

Le chef d’Etat colombien Ivan Duque a rendu hommage à « un véritable génie du folklore et de la musique de notre région » et le président américain Joe Biden a salué une « icône »: « la musique de Vicente Fernandez a créé des souvenirs pour des millions de personnes », a-t-il tweeté.

LE JV2 AVEC AFP

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