Macron dans la Hongrie d’Orban, un adversaire qui peut être utile

Le président français Emmanuel Macron (g) et son homologue hongrois Janos Ader, le 13 décembre 2021 à Budapest

Le président français Emmanuel Macron (g) et son homologue hongrois Janos Ader, le 13 décembre 2021 à Budapest afp.com – Ludovic MARIN

Emmanuel Macron est arrivé lundi à Budapest où il doit rencontrer le Premier ministre hongrois Viktor Orban, son adversaire dans l’UE côté valeurs mais un allié potentiel sur des sujets comme les investissements, le nucléaire ou la défense européenne, au programme de la présidence française.

Ce déplacement, le premier d’un chef d’Etat français depuis 2007, s’effectue dans le cadre d’un sommet des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) et permet au président de boucler sa tournée des 26 autres capitales de l’Union européenne.

Arrivé à Budapest à la mi-journée, Emmanuel Macron s’est d’abord rendu sur la tombe de la philosophe Agnes Heller, décédée en 2019, qu’il avait reçue à Paris. Il y a déposé une gerbe, en présence de sa famille, rendant hommage « à la femme engagée qui est un de ses modèles et à l’opposante à M. Orban », selon l’Elysée.

Un geste symbolique avant de rencontrer le controversé Premier ministre hongrois.

« C’est un adversaire politique, mais un partenaire européen », avait souligné jeudi M. Macron. « Quelles que soient nos sensibilités politiques, nos choix, nous devons travailler ensemble pour notre Europe ».

« Il est très clair que sur le sujet de l’Etat de droit, il y aura des désaccords, mais je pense que (…) sur des sujets multiples, il peut y avoir aussi une capacité à trouver des compromis utiles », avait-il ajouté.

– Terrains d’entente –

Viktor Orban a pourtant souvent été cité par Emmanuel Macron comme le chef de file d’un camp nationaliste et souverainiste dans l’UE, auquel il oppose celui des europhiles « progressistes ».

Avec la Pologne, la Hongrie a adopté plusieurs lois contestées à Bruxelles, notamment un texte interdisant la représentation de l’homosexualité auprès des moins de 18 ans. Et comme Varsovie, elle conteste la primauté du droit européen sur le droit national.

En riposte, la Commission a lancé plusieurs procédures à leur encontre pour atteinte à l’état de droit et aux valeurs de l’UE, en particulier un mécanisme de « conditionnalité » des aides européennes, qui bloque le versement de subventions à la relance.

Mais ces sujets « ne sont pas nécessairement liés » aux accords qui peuvent être trouvés sur la souveraineté numérique, le renforcement de l’Europe de la défense, un budget européen d’investissements ou encore des alliances industrielles, a fait valoir la présidence française.

Les deux dirigeants avaient déjà trouvé des terrains d’entente lorsque Emmanuel Macron avait reçu Viktor Orban en octobre 2019, en particulier sur la protection des frontières et la nécessité d’une défense européenne.

– A la rencontre de l’opposition –

L’Elysée assure cependant que le président français parlera des points de désaccord et n’a « pas l’habitude d’esquiver », alors que la communauté LGBT+ hongroise l’a appelé à évoquer la question lors de sa rencontre avec M. Orban, dans une lettre ouverte au magazine français Têtu.

Reporters sans frontières (RSF) lui a aussi demandé « de faire toute la lumière » sur l’utilisation du logiciel d’espionnage Pegasus « contre les journalistes », la Hongrie étant le seul pays de l’UE figurant sur la liste publiée en juillet par un consortium de journalistes d’investigation.

Emmanuel Macron rencontrera en outre le maire libéral de Budapest Gergely Karacsony et Peter Marki-Zay, candidat unique de l’opposition qui espère aux législatives d’avril 2022 renverser le Premier ministre hongrois.

M.Orban est au pouvoir depuis 2010, ce qui fait de lui le plus ancien dirigeant de l’UE en exercice depuis le départ d’Angela Merkel.

En recevant le chef d’Etat français après avoir récemment déroulé le tapis rouge à Marine Le Pen ou Eric Zemmour, deux personnalités françaises d’extrême droite qui briguent la présidence, « Viktor Orban peut démontrer son importance européenne » bien au-delà du poids de son pays de 9,8 millions d’habitants, explique à l’AFP Eszter Petronella Soos, politologue hongroise spécialiste de la France.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s