Allemagne: deux écologistes et un libéral pressentis aux ministères clés

Les dirigeants des Verts, Annalena Baerbock, à gauche, et Robert Habeck, à droite, le 21 octobre 2021 à Berlin

Les dirigeants des Verts, Annalena Baerbock, à gauche, et Robert Habeck, à droite, le 21 octobre 2021 à Berlin afp.com – Ina Fassbender

Une femme pour mener la diplomatie allemande, un écologiste écrivain à la tête d’un « super » ministère de l’Environnement, un libéral aux Finances : les favoris aux principaux portefeuilles du futur gouvernement allemand n’ont encore jamais occupé de fonctions ministérielles fédérales.

Le social-démocrate Olaf Scholz, qui va dévoiler mercredi le « contrat » de la future coalition, doit composer le premier gouvernement allemand à trois partis, fruit d’un savant dosage entre représentants du SPD, des Verts et des libéraux du FPD.

Voici les nouveaux visages attendus aux postes clés de la coalition dite « feu tricolore » qui devrait être investie début décembre.

– Annalena Baerbock, du trampoline à la diplomatie –

Ancienne championne de trampoline, la candidate malheureuse des Verts à la chancellerie, Annalena Baerbock serait la première femme à la tête du ministère allemand des Affaires étrangères.

Malgré le score historiquement élevé des Verts aux législatives de septembre, cette juriste spécialiste de droit international, âgée de 40 ans, a reconnu avoir fait « des erreurs » durant la campagne qui ont coûté cher à son camp.

Primes défiscalisées non déclarées au Bundestag, curriculum vitae légèrement « gonflé » avant une dévastatrice polémique autour de passages plagiés d’un livre programmatique, Annalena Baerbock a déçu les espoirs de ceux qui rêvaient déjà d’une chancelière écologiste.

Co-présidente des Verts avec Robert Habeck depuis janvier 2018, députée au Bundestag depuis huit ans, cette mère de deux fillettes, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, n’a encore jamais occupé de responsabilité ministérielle.

Annalena Baerbock, qui trouvera sur son bureau l’épineux contentieux migratoire et diplomatique avec le Bélarus, a promis de remettre les droits humains au centre de la diplomatie allemande et préconisé plus de fermeté à l’égard de la Russie et de la Chine.

– Christian Lindner, « sauveur » des libéraux et probable grand argentier –

Dirigeant du Parti libéral-démocrate (FDP) arrivé troisième lors du scrutin du 26 septembre, Christian Lindner, 42 ans, va sans doute décrocher le prestigieux ministère des Finances de la première économie européenne, convoité par les Verts durant les négociations de coalition.

Omniprésent dans les médias et les talkshows, cet homme originaire de Rhénanie du Nord-Westphalie se voit reprocher par ses détracteurs d’avoir instauré un « culte de la personnalité » au sein d’une formation qu’il dirige depuis 8 ans.

Adhérent du FDP dès l’âge de 16 ans, cet amateur de bolides sportifs est élu pour la première fois député en 2009 alors qu’il a du mal à s’imposer auprès des instances de son parti et qu’on le surnomme « Bambi ».

En 2017, il rompt les négociations pour former un gouvernement de coalition avec les conservateurs et les Verts sous l’égide d’Angela Merkel, un volte-face en pleine nuit qui suscite la surprise générale et coûtera cher aux libéraux qui sombreront durablement dans les sondages.

Sous sa direction, le FDP s’est radicalisé, flirtant par moments avec l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), notamment dans la contestation des restrictions anti-Covid.

Opposé à toute hausse d’impôts, notamment pour les plus fortunés, Christian Lindner est également un partisan de l’austérité budgétaire.

– Robert Habeck, un philosophe écrivain à l’Environnement

Avec un probable grand ministère du Climat, l’écologiste Robert Habeck mettrait en oeuvre le programme de mesures contre le réchauffement climatique ficelées par les partenaires de la nouvelle coalition.

Ce quinquagénaire parfois qualifié de « vert pâle » a définitivement scellé la victoire des « realos », l’aile centriste des Verts moins radicale que les « fundis », en décrochant la co-présidence des Grünen il y a près de quatre ans.

Elu pour la première fois député du Bundestag le 26 septembre, il est considéré comme le « penseur » des Verts.

Pragmatique et réputé pour ses talents d’orateur, il est entré en politique sur le tard il y a une vingtaine d’années, et a forgé son expérience politique au niveau régional en tant que ministre de l’Environnement de la région rurale du Schleswig-Holstein.

Auparavant ce diplômé en philosophie, père de quatre garçons adultes, était un écrivain à succès grâce aux romans co-signés avec sa femme.

Les Allemands apprécient le style décontracté de ce quinquagénaire qui se laisse filmer en train de repasser lui même sa chemise –au sol, faute de table à repasser– avant un rassemblement des Verts.

LE JV2 AVEC AFP

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