Présidentielle aux Philippines: le boxeur Pacquiao dit avoir été naïf en consommant de la drogue  

Le sénateur et ancien boxeur Manny Pacquiao le 11 novembre 2021 à Manille

Le sénateur et ancien boxeur Manny Pacquiao le 11 novembre 2021 à Manille
afp.com – JAM STA ROSA

Le légendaire boxeur Manny Pacquiao, candidat à la présidentielle philippine, reconnait avoir consommé de la drogue dans sa jeunesse mais promet, en cas de victoire, de continuer à lutter contre ce trafic, la pauvreté et la corruption qui gangrènent l’archipel.

Le champion a affirmé lors d’un entretien avec l’AFP avoir fait preuve de « naïveté » et d’ignorance quand jeune, il a consommé de la méthamphétamine.

Aujourd’hui, Pacquio, qui a toujours soutenu la campagne meurtrière de lutte contre le trafic de drogue menée par le président sortant, Rodrigo Duterte, entend « emprisonner les consommateurs de drogue, ceux qui en vendent ».

A l’approche du scrutin, prévu en mai 2022, le boxeur prend cependant ses distances avec Rodrigo Duterte qui fait l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale pour cette guerre anti-drogue marquée par des milliers de meurtres commis par les forces de l’ordre. Il entend ainsi donner aux délinquants une « chance de se défendre ».

« Nous devons emprisonner les consommateurs de drogue, ceux qui en vendent – c’est ce que dit la loi », promettant de poursuivre « de la bonne manière » la lutte anti-drogue.

« Avant, j’étais naïf, c’est pour ça que je me droguais (…) Je ne connaissais pas la loi », affirme à l’AFP Pacquiao, 42 ans, entré en politique en 2012, d’abord en tant que membre du Congrès puis désormais au Sénat.

Aujourd’hui, « les gens savent que la drogue est interdite par la loi ».

En 2016, Pacquiao avait révélé avoir, adolescent, consommé de la marijuana et de drogue et du « shabu », un terme philippin qui désigne un type de méthamphétamine hautement addictif.

– « Pas de marche arrière » –

Né dans un milieu d’une pauvreté extrême, il a connu une ascension fulgurante, devenant l’un des plus grands boxeurs de tous les temps adulé dans son pays.

Il a promis de s’attaquer à la pauvreté et à la corruption, espérant séduire les électeurs avec sa propre histoire.

Une victoire de Pacquiao n’est pas irréaliste dans un pays dont la classe politique est bardée de célébrités.

Un sondage réalisé en octobre par l’institut Social Weather Stations montre que l’ex-boxeur arriverait en quatrième position, récoltant seulement 9% des votes.

Le fils et homonyme de l’ex-dictateur Ferdinand Marcos, Ferdinand Marcos Jr, serait en tête avec 47% des suffrages.

Derrière lui figurent l’actuelle vice-présidente, Leni Robredo, grande rivale de Rodrigo Duterte, recueillerait 18% et l’acteur et maire de Manille Francisco Domagoso (13%).

Assis devant un prompteur dans sa luxueuse villa de Manille, Pacquiao préfère ignorer ses mauvais résultats et mettre l’accent sur sa campagne baptisée « l’homme du destin ».

« Je n’envisage pas de faire marche arrière », insiste-t-il alors que pléthore d’employés s’activent dans sa demeure, située dans une enclave sécurisée pour milliardaires et ambassadeurs étrangers.

« Le peuple choisira… je sais qu’ils veulent du changement, mettre fin à la corruption, ils veulent un pays prospère et du travail ».

Les partisans de l’ex-boxeur voient dans son parcours la preuve que la réussite est possible pour quiconque travaille dur, quelles que soient ses origines.

Mais en tant que responsable politique et fervent chrétien évangélique, Pacquiao, pourtant adulé dans son pays, a suscité la controverse par son soutien à la lutte anti-drogue de Duterte et sa volonté de rétablir la peine de mort.

– « J’en ai fini » avec la boxe –

Les propos homophobes qu’il a tenus dans le passé ainsi que ses aveux concernant sa consommation de drogue n’ont pas non plus fait l’unanimité.

Celui qui a abandonné l’école à 14 ans pour travailler est également accusé de ne pas siéger régulièrement au Sénat ni au Congrès, ce qui soulève des questions quant à sa capacité à gouverner un pays de 110 millions d’habitants.

Il s’est publiquement brouillé cette année avec l’actuel président toujours très apprécié des Philippins.

« Il est peut-être populaire auprès des masses, mais certains autres candidats le sont aussi », a déclaré Ted Lerner, un journaliste sportif d’origine américaine aux Philippines qui prédit son retour sur le ring.

Le champion du monde en huit catégories dont six de fédérations majeures –un record–, dit ne pas envisager de combattre à nouveau en cas d’échec à la présidentielle.

« J’ai déjà 43 ans, alors ça suffit pour moi, j’en ai fini », affirme ce père de cinq enfants, qui a connu des problèmes d’alcool, d’addiction aux jeux et d’infidélité.

Si sa candidature à la présidence échoue, il prévoit d’ajouter « agriculteur » à son CV, en cultivant des fruits sur une propriété de 20 hectares située dans la province méridionale de Sarangani.

« C’est aussi calme (là-bas), j’aime ça », a-t-il dit, avant d’ouvrir son smartphone et de lancer la ballade « One Friend » du chanteur américain de country Dan Seals.

LE JV2 AVEC AFP

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