Centrafrique: le dialogue républicain fait aussi débattre la jeunesse

Un groupe de jeunes débatteurs a organisé un débat sur le dialogue républicain en Centrafrique. © RFI / Carol Valade

En République centrafricaine, le dialogue républicain promis avant la fin de l’année par le président Touadéra se fait toujours attendre et fait face à de nombreuses difficultés. En attendant, dans la banlieue de Bangui, un groupe de passionnés de politique, étudiants, diplômés sans emploi ou membres d’associations ont décidé de se saisir du sujet. Le « Club des débatteurs » s’est réuni ce week-end dans le quartier Petevo.

Argument contre argument, les échanges sont construits, courtois, bien informés. Ce jour, les jeunes débattent du dialogue républicain annoncé par le président Touadéra. « Ce n’est pas un sujet de discussions dans les quartiers parce que les gens ne sont pas vraiment informés. Les gens disent : « toujours dialogue, là on s’en fout, et ils vont partager le gâteau là-bas pendant qu’on souffre ici en bas, donc ça ne nous intéresse pas ». Cette jeunesse aujourd’hui est l’actrice principale des crises centrafricaines et on en est la victime. Donc, il faut écouter cette jeunesse. C’est la majorité de la population centrafricaine, à plus de 70% », raconte le modérateur et président du club, Armel Melo Banam.

Comme dans l’arène politique, c’est sur la question de l’inclusivité que le ton monte. Faut-il dialoguer ou non avec les groupes armés ? « Je ne suis pas pour un dialogue inclusif. La meilleure façon pour moi est que l’embargo soit levé et qu’on donne la chance à nos armées de pouvoir chasser ces rebelles », déclare Wilfried Gbalobia, 36 ans. « L’Etat n’a pas cette possibilité d’aller les traquer jusqu’au dernier moment de leur vie. Et nous, notre seule force, c’est de parler, c’est de discuter et non de faire la guerre entre nous, Centrafricains », répond Judickael Pandi  30 ans et docteur en droit.

En tout cas, le débat est loin d’être clos à la maison des Jeunes de Petevo, comme au sein du comité d’organisation du dialogue où l’opposition réclame toujours l’inclusion des groupes armés.

Mise à part cette question, la mise en œuvre de ce dialogue est fortement perturbée en raison du retrait des représentants de l’opposition et de l’absence de financements. Plus de 355 millions de francs CFA manquent encore pour boucler le budget prévisionnel et certains observateurs doutent désormais qu’il puisse véritablement se tenir cette année.

RFI

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