RDC : 1.300 morts depuis l’instauration de l’état de siège dans l’est

Des soldats congolais quittent la ville de Mutwanga, le 24 mai 2021

Des soldats congolais quittent la ville de Mutwanga, le 24 mai 2021  afp.com – ALEXIS HUGUET

Au moins 1.300 civils ont été tués dans les territoires de Beni et Irumu dans l’est et le nord-est de la République démocratique du Congo, depuis l’instauration de l’état de siège en mai, selon un rapport publié par des élus de la région.

Au moins « 1.302 personnes ont été massacrées depuis la proclamation de l’état de siège » dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, note cette enquête intitulée « rapport Yotama sur les massacres de Beni et Irumu ».

Depuis le 6 mai, ces deux provinces sont placées sous le régime exceptionnel de l’état de siège afin de lutter contre les groupes armés et mettre fin aux massacres des civils. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers de l’armée et de la police.

« Nous sommes loin des objectifs assignés par cette mesure exceptionnelle qui est de mettre fin aux violences et aux massacres des civils », a déclaré à l’AFP Mbenze Yotama, élu provincial de Butembo et co-auteur du rapport.

Avec le transfert du pourvoir administratif aux militaires, « l’armée semble être surchargée car elle doit non seulement s’occuper de sa mission régalienne de sécuriser le territoire mais doit aussi s’occuper de son administration », analyse-t-il.

Le rapport recense à la fois l’évolution du nombre de massacres enregistrés ainsi que celui des morts, qui est passé de 3 attaques avec 6 morts en 2008 à 346 attaques avec 1.747 morts en 2021 (janvier à septembre).

Ainsi, de 2008 à septembre 2021, au moins « 2.237 attaques ont été enregistrées » dans 696 localités et « ont causé la mort de plus de 7.404 personnes », note ce rapport reprenant les identités de toutes les victimes.

D’après ce rapport, les massacres ont pris de l’ampleur à partir d’octobre 2014.

Depuis cette année, les autorités attribuent les tueries au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF).

Ce groupe, d’origine ougandaise, a été placé en mars dernier par les États-Unis parmi les « groupes terroristes » affiliés aux jihadistes de l’État islamique (EI).

Les auteurs de l’enquête appellent par ailleurs à la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante afin « d’identifier clairement les vrais bourreaux » et à la mise en place d’une cour pénale internationale pour la RDC.

La partie orientale de la RDC (la région du Kivu et de l’Ituri notamment) est en proie aux violences depuis près de 25 ans en raison de la présence de nombreux groupes armés locaux et étrangers. Des opérations militaires y sont menées, sans mettre fin à l’activisme des groupes armés.

LE JV2 AVEC AFP

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