Ethiopie: un chef rebelle oromo promet une victoire « très prochaine »

Un portrait du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed est brandi durant une manifestation de soutien au gouvernement à Addis Ababa, le 7 novembre 2021

Un portrait du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed est brandi durant une manifestation de soutien au gouvernement à Addis Ababa, le 7 novembre 2021 afp.com – EDUARDO SOTERAS

Le chef d’un groupe armé oromo, allié aux rebelles tigréens qui combattent le gouvernement éthiopien, a affirmé que ses combattants étaient près de la capitale, promettant une fin « très prochaine » au conflit, objet d’intenses efforts diplomatiques ces derniers jours.

L’Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l’ethnie oromo, a annoncé en août avoir fait alliance avec le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui se bat depuis novembre 2020 contre les forces gouvernementales dans le nord du pays.

Le TPLF et l’OLA, classés comme « terroristes » par Addis Abeba, ont revendiqué la semaine dernière la prise de plusieurs villes stratégiques de la région de l’Amhara, sans exclure de marcher sur la capitale.

« Ce dont je suis sûr, c’est que ça va se terminer très prochainement », a déclaré dimanche à l’AFP le chef militaire de l’OLA, Jaal Marroo, en ajoutant: « Nous nous préparons à lancer une autre attaque ».

« Le gouvernement essaie de gagner du temps et il essaie de déclencher une guerre civile dans le pays, alors il appelle la nation à se battre », a estimé Jaal Marroo, de son vrai nom Kumsa Diriba.

Alors que le TPLF a dit avoir pris des villes situées à quelques centaines de kilomètres d’Addis Abeba, Jaal Marroo affirme que certains combattants de l’OLA sont encore plus proches, à environ 40 kilomètres de la capitale, sans s’être « jamais déplacés d’un pouce » du territoire qu’ils contrôlaient.

L’OLA est implantée en Oromia, la plus grande région du pays qui enclave Addis Abeba.

Les communications sont coupées dans les zones de combats et l’accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des positions sur le terrain.

– « Aucune menace » –

Le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l’armée au Tigré le 4 novembre 2020 pour destituer les autorités régionales issues du TPLF, qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.

Le prix Nobel de la paix 2019 a déclaré la victoire le 28 novembre, mais les combattants du TPLF ont repris en juin l’essentiel de la région puis avancé dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara.

Jaal Marroo a affirmé que l’OLA – accusée de multiples massacres de civils de l’ethnie amhara, ce qu’elle a démenti – ne représentait « aucune menace » pour les citoyens ordinaires.

Mais il a fait du départ de M. Abiy et de son Parti de la Prospérité un prérequis au début d’une réconciliation.

Le gouvernement a démenti toute menace sur Addis Abeba, mais il a décrété l’état d’urgence dans le pays le 2 novembre. Les autorités de la capitale ont demandé aux habitants de s’organiser pour défendre la ville.

Plusieurs ambassades étrangères ont appelé leurs ressortissants à quitter le pays. L’ONU a suspendu toute mission non-essentielle dans le pays.

« Alors que nous sommes mis à l’épreuve sur de nombreux fronts, notre volonté collective d’aller au bout du chemin sur lequel nous nous sommes engagés nous a renforcés », a écrit M. Abiy sur Twitter lundi, au lendemain d’un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Addis Abeba en soutien à l’effort de guerre.

Une porte-parole du gouvernement, Selamawit Kassa, a indiqué dans un communiqué que l’armée fédérale a mené lundi des frappes aériennes, notamment à Areda Bata, au Tigré, et sur une localité « stratégique » située entre l’Amhara et l’Afar, y visant notamment des « centres d’entraînement » du TPLF.

– Obstacles –

La Commission éthiopienne des droits de l’Homme, organe indépendant mais nommé par le gouvernement, a affiché lundi sa préoccupation face à une vague répressive visant les Tigréens depuis l’annonce de l’état d’urgence.

« La Commission (…) a pu confirmer que les arrestations sont conduites d’une manière qui semble basée sur l’identité et l’ethnicité », a-t-elle écrit dans un communiqué.

Depuis un an, les belligérants sont restés sourds aux appels de la communauté internationale en faveur d’un cessez-le-feu. L’activité diplomatique a redoublé ces derniers jours.

L’envoyé spécial de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo, a rencontré dimanche le leader du TPLF, Debretsion Gebremichael.

Lundi, il a évoqué devant le conseil de sécurité de l’organisation une possible ouverture, même si des obstacles majeurs demeurent.

Des diplomates au fait des discussions ont affirmé que le TPLF n’était pas ouvert à la discussion tant qu’aucune aide humanitaire n’arrivera au Tigré.

Le gouvernement réclame de son côté le retrait des rebelles de l’Amhara et de l’Afar, ce qui n’a « aucune chance » d’arriver, a affirmé le porte-parole du TPLF à l’AFP ce week-end.

LE JV2 AVEC AFP

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