Violences du 1er mai 2018 : Alexandre Benalla condamné à trois ans de prison, dont un ferme

Alexandre Benalla le 19 septembre 2018, lors d’une commission du Sénat à Paris. BERTRAND GUAY / AFP

Le tribunal de Paris chargé d’instruire le procès Alexandre Benalla, notamment pour des violences le 1er mai 2018, a condamné vendredi l’ex-chargé de mission de l’Élysée à trois ans de prison, dont un ferme. L’accusation avait requis dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis contre cet ancien proche collaborateur d’Emmanuel Macron.

Il comparaissait pour 12 infractions. L’ex-chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla a été condamné, vendredi 5 novembre, à trois ans d’emprisonnement, dont un ferme sous bracelet électronique, notamment pour avoir commis des violences en réunion et usurpé la fonction de policier lors de la manifestation du 1er mai 2018.

L’ancien proche collaborateur d’Emmanuel Macron a en outre été reconnu coupable d’avoir utilisé frauduleusement ses passeports diplomatiques après son licenciement, d’avoir fabriqué un faux document pour obtenir un passeport de service et d’avoir illégalement porté une arme en 2017.

Lors du procès en septembre, l’accusation avait requis dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis contre l’ancien proche collaborateur d’Emmanuel Macron, et des peines de deux à douze mois avec sursis contre trois autres prévenus.

Trois autres prévenus étaient poursuivis : deux policiers, Maxence Creusat et Laurent Simonin, ainsi que Vincent Crase, ami d’Alexandre Benalla et ancien employé de La République en Marche.

Vincent Crase, qui était absent vendredi, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, interdiction de port d’arme durant dix ans et 500 euros d’amende, selon les mêmes sources. Le ministère public avait requis en septembre douze mois de prison avec sursis à son encontre.

Maxime Creusat est condamné à 5 000 euros d’amende (non inscrit au cahier judiciaire). Laurent Simonin écope de trois mois d’emprisonnement avec sursis, une peine également non inscrite au casier judiciaire.

Visé par une série d’enquêtes

Dans ce dossier, celui qui est aujourd’hui âgé de 30 ans et reconverti dans le privé, a comparu pour 12 infractions, dont « violences en réunion » et « immixtion dans la fonction de policier » lors de la manifestation de la Fête du travail 2018 dans la capitale.

Prolixe à la barre, Alexandre Benalla a assuré avoir été « réglo, loyal, honnête » et contesté toute « violence volontaire », affirmant avoir voulu « interpeller » des « agresseurs de policiers ».

Le chargé de mission avait été identifié par le journal Le Monde le 18 juillet 2018 sur une vidéo où il apparaissait, avec un casque des forces de l’ordre, en train de brutaliser une femme et un homme, place de la Contrescarpe à Paris, à l’issue d’une journée du 1er-Mai émaillée de violences.

Membre du cabinet présidentiel, le jeune homme de 26 ans avait été intégré ce jour-là dans le dispositif policier en tant que simple observateur.

Sabrina Blanchard, AFP

L’article avait déclenché un séisme politique dont les répliques avaient secoué pendant de longs mois le sommet de l’État, de révélations de la presse en commissions parlementaires.

Visé depuis par une série d’enquêtes judiciaires, Alexandre Benalla a fait face au tribunal pendant trois semaines, avec son ami et ancien employé du parti présidentiel (LREM) Vincent Crase ainsi que deux policiers.

Mettant en garde contre un dossier « déjà jugé par le tribunal de l’opinion », les procureurs ont appelé à revenir aux « faits ».

Réquisitions

Ils ont soutenu à l’audience qu’Alexandre Benalla et Vincent Crase avaient « agi avec des policiers, comme des policiers et parfois à la place des policiers », alors que leur intervention n’était « pas nécessaire ». Les magistrats ont estimé qu’ils avaient commis des « violences illégitimes » sur, au total, quatre personnes dans le Quartier latin.

Ils ont requis un an de prison avec sursis contre Vincent Crase, un ancien gendarme réserviste de 48 ans, également poursuivi pour avoir illégalement porté une arme ce jour-là.

Dans ce dossier à tiroirs, Alexandre Benalla est en outre mis en cause pour avoir porté un pistolet sans autorisation en 2017 à Poitiers, ainsi que pour avoir utilisé, après son licenciement, deux passeports diplomatiques lors de onze voyages et réalisé un faux document afin d’obtenir un passeport de service.

Le parquet a aussi demandé sa condamnation pour ces faits, ainsi que des peines complémentaires de 500 euros d’amende, une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans et de port d’arme pendant dix ans – quinze ans pour Vincent Crase.

Diabolisation médiatique

Décrivant un « raz-de-marée médiatique », un « cataclysme » pour un homme qui a été « diabolisé », la défense de l’ancien membre du cabinet d’Emmanuel Macron a plaidé la relaxe pour toutes les infractions, à l’exception de l’utilisation frauduleuse – reconnue – des passeports diplomatiques.

Ses avocats ont soutenu que lui et Vincent Crase avaient « aidé à interpeller » des auteurs d’un délit « flagrant », comme la loi l’autorise dans certaines circonstances, arguant que leurs gestes étaient « proportionnés ».

Deux ex-fonctionnaires de la préfecture de police de Paris ont été jugés avec eux pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla. Le parquet a requis deux et quatre mois d’emprisonnement avec sursis à leur encontre ; leurs avocats ont plaidé une « erreur de discernement » et la relaxe.

LE JV2 AVEC AFP ET REUTERS 

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