Centrafrique : l’ONU réclame une enquête après l’attaque contre des casques bleus à Bangui

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres

L’ONU a « fermement » condamné, jeudi 4 novembre, « l’attaque inacceptable » menée lundi contre des casques bleus égyptiens en République centrafricaine par la garde du président, Faustin-Archange Touadéra, réclamant une enquête sur ces événements. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a rappelé « que les attaques contre les soldats de la paix des Nations unies peuvent constituer un crime de guerre » et appelé à « enquêter sur cette attaque inacceptable afin que les auteurs répondent rapidement de leurs actes », selon un communiqué de son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Dix casques bleus égyptiens non armés de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) ont été blessés lundi, dont deux grièvement, par la garde présidentielle, qui a ouvert le feu sur leur bus dans la capitale, Bangui. Les services du président, Faustin-Archange Touadéra, ont justifié ces tirs en accusant les militaires égyptiens d’avoir pris des photos de la résidence du chef de l’Etat, ce qui est interdit, et d’avoir refusé d’arrêter leur véhicule.

Les casques bleus « ont essuyé des tirs nourris de la garde présidentielle sans sommation préalable ni riposte aucune, alors qu’ils n’étaient pas armés », avait rétorqué la Minusca mardi dans un communiqué. Antonio Guterres a par ailleurs adressé jeudi « ses profondes condoléances à la famille endeuillée du civil centrafricain qui a été tué lors de l’incident », précise M. Dujarric.

Plus d’un milliard de dollars par an

La présidence centrafricaine comme la Minusca avaient fait état de la mort d’une femme touchée par le bus des casques bleus alors que celui-ci quittait la zone après les tirs. Classée deuxième pays le moins développé au monde par l’ONU, la République centrafricaine a été plongée dans une guerre civile sanglante après un coup d’Etat en 2013. Ce conflit perdure mais son intensité a considérablement baissé depuis trois ans, même si des pans entiers de territoires continuent d’échapper au pouvoir central.

La Minusca, déployée dès 2014 et dont le mandat vient à échéance le 15 novembre, compte près de 12 000 militaires et constitue l’une des opérations de maintien de la paix les plus coûteuses de l’ONU avec un budget annuel qui dépasse le milliard de dollars.

LE JV2 AVEC AFP

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