Ethiopie: la prise d’Addis Abeba, « une question de mois, si ce n’est de semaines » (rebelles oromo)

Des soldats éthiopiens en formation au sud du Tigré le 15 septembre 2021

Des soldats éthiopiens en formation au sud du Tigré le 15 septembre 2021 afp.com – Amanuel Sileshi

Un groupe rebelle de l’ethnie oromo, allié aux Tigréens du TPLF qui combattent des forces progouvernementales dans le nord de l’Ethiopie, a déclaré mercredi à l’AFP que la prise de la capitale Addis Abeba est « une question de mois, si ce n’est de semaines ».

Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a revendiqué ce week-end la prise de deux villes stratégiques, Dessie et Kombolcha, à 400 km au nord d’Addis Abeba, sans exclure de marcher sur la capitale.

Dans le même temps, l’Armée de libération oromo (OLA), qui a fait alliance en août avec le TPLF, a annoncé être entré dans plusieurs localités au sud de Kombolcha, dont Kemissie, à 320 km d’Addis Abeba.

Interrogé sur une possible entrée dans la capitale, le porte-parole de l’OLA, Odaa Tarbii, a affirmé que « si les choses continuent dans la dynamique actuelle, alors c’est une question de mois, si ce n’est de semaines ».

Les combattants de l’OLA et du TPLF se sont « déjà rejoints et sont en contact constant », a-t-il affirmé, assurant que la chute du Premier ministre Abiy Ahmed est « courue d’avance ».

Malgré ses démentis sur une progression rebelle, le gouvernement a décrété mardi l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire. Les autorités d’Addis Abeba ont appelé les habitants à s’organiser pour défendre la ville.

Abiy Ahmed a accusé mercredi l’alliance rebelle de transformer l’Éthiopie en Libye ou en Syrie. « Ils veulent détruire un pays, pas le construire », a-t-il affirmé, appelant les Ethiopiens à l’unité.

Dans le cadre de l’état d’urgence, qui doit être approuvée mercredi par le Parlement, les autorités pourront enrôler « tout citoyen en âge de combattre et possédant une arme » ou suspendre des médias soupçonnés d' »apporter un soutien moral direct ou indirect » au TPLF, selon le média d’Etat Fana Broadcasting Corporate.

Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a qualifié ces mesures de « carte blanche pour emprisonner ou tuer des Tigréens ». « Alors que le régime est au bord de l’effondrement, Abiy et ses lieutenants déchaînent un règne de terreur avec vengeance », a-t-il tweeté.

Le gouvernement a annoncé mercerdi que l’aviation éthiopienne, qui mène régulièrement des frappes aériennes sur le Tigré ces dernières semaines, a visé « un centre d’entraînement militaire du groupe terroriste TPLF » à Adi Buray, dans le nord du Tigré.

Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement ces derniers mois.

Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre, après avoir envoyé l’armée dans la région pour destituer les autorités dissidentes issues du TPLF, qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires fédérales.

Mais en juin, les combattants pro-TPLF ont repris l’essentiel de la région, forçant les troupes gouvernementales à se retirer, puis ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Les douze mois de conflit ont été marqués par de nombreux récits d’exactions et ont plongé le nord de l’Ethiopie dans une grave crise humanitaire.

LE JV2 AVEC AFP

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