Le président chinois Xi Jinping, absent du G20 et de la COP26, reste dans sa bulle sanitaire

Xi Jinping n’assistera pas au G20 ce samedi 30 octobre en Italie. Il ne se rendra pas non plus à Glasgow pour la COP26 où il sera représenté par son ministre des Affaires étrangères Wang Yi. Depuis janvier 2020, le président chinois n’est pas sorti de Chine. 

C’est devenu l’Arlésienne des diplomates sud-coréens. Ira, ira pas ? Depuis novembre 2020, le président chinois est attendu en Corée du Sud – ce devait être la première visite à l’étranger post-Covid de Xi Jinping -, le voyage a depuis plusieurs fois été reporté.

Le visage du numéro un chinois fait la Une des journaux, il est omniprésent sur les écrans du monde entier depuis le début de la pandémie, il appelle régulièrement ses homologues au téléphone, mais Xi Jinping ne sort plus, et se fait représenter par son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, que l’on voit faire du « coude à coude » avec ses interlocuteurs lors des différents sommets.

Xi Jinping « ne veut pas faire les frais de quolibets qui lui seraient adressés par les Occidentaux sur la question du climat, sachant que la Chine avait fait des déclarations assez optimistes, qu’elle ne sera pas en mesure de tenir par rapport à la décarbonation, justement, de l’économie chinoise », analyse le sinologue Emmanuel Lincot, professeur à l’Institut catholique de Paris, chercheur associé à l’IRIS, au micro de Vincent Souriau, du service international de RFI.

Un isolement à l’image de celui de la Chine qui a pu contenir la pneumonie virale grâce à la stratégie dite du « Zéro Covid » : filtres aux frontières, passeports chinois non renouvelés, et des hôtes étrangers accueillis à distance, notamment dans la ville portuaire de Tianjin à l’est de Pékin.

Les autorités sanitaires sont sur le qui-vive comme en témoigne l’histoire de ce TGV arrêté dans sa course jeudi, suite à la découverte d’un cas contact parmi les personnels de bord.

« Un membre de l’équipage possible cas contact, les 212 passagers du TGV débarqués et conduits en quarantaine : écoutez le récit de notre correspondant »

Ces mesures sanitaires renforcées sont « un échec sur le plan politique pour Xi Jinping, qui, il y a quelques mois, d’une manière triomphale, avait annoncé la victoire des autorités chinoises contre la pandémie », poursuit Emmanuel Lincot.

Même en Chine, le président chinois s’adresse à ses interlocuteurs étrangers via des écrans, c’était le cas lors de la COP15 à Kunming le mois dernier dans le sud du pays. Il en sera probablement de même pour la COP26 et pour le sommet Chine Afrique prévu fin novembre au Sénégal.

Xi Jinping pourrait rester dans sa bulle sanitaire au moins jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin l’hiver prochain, voir jusqu’au Congrès du parti à l’automne 2022. « Il ne faut pas oublier in fine, d’ici moins d’un an, la réunion du vingtième congrès du parti communiste chinois, conclut Emmanuel Lincot. Xi Jinping est critiqué à l’intérieur même du Politbureau, il n’est pas impossible que la situation veuille qu’il reste, évidemment en Chine. Il en va de sa sécurité même. »

Taïwan au menu du G20

Les dirigeants du G20 vont-ils aborder les menaces qui pèsent de plus en plus sur Taïwan, que la Chine revendique comme étant son territoire ? Le président américain Joe Biden a pris l’engagement que les États-Unis défendront l’île dans le détroit de Formose en cas d’une invasion chinoise, son secrétaire d’État Anthony Blinken a appelé de ses vœux une meilleure participation de Taïwan dans les instances de l’ONU. Et qu’en est-il des Européens? Le député belge Samuel Cogolati, lui-même visé par des sanctions chinoises, critique le silence de l’Union européenne au micro de Heike Schmidt, du service international de RFI. Avec des députés de tout bord, il participe à un contre-sommet à Rome de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC) qui regroupe quelques 200 députés du monde entier.

« On n’entend pas assez les pays européens sur le risque d’agression de la part du régime chinois et on entend que les menaces de Xi Jinping contre Taïwan sont de plus en plus pressantes et agressives, estime-t-il. Et cela représente un danger, pas seulement en mer de Chine, pas seulement pour la région, mais véritablement pour le monde entier. Et on voit bien l’escalade possible, notamment avec les États-Unis. Nous ne plaidons clairement pas pour un conflit, nous ne plaidons clairement pas pour une guerre, mais il y a quand même un juste milieu entre ne rien faire ou aller au conflit frontal. Je crois que c’est important de pouvoir rappeler les obligations de non-agression. A Pékin, Taïwan est une démocratie et nous pensons, et pas seulement dans le cadre du G20, mais plus pratiquement sur des questions, par exemple, de santé globale, dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé, nous pensons que cela aurait tout son sens d’être plus pragmatique et de pouvoir inclure un pays comme Taïwan, qui a aussi fait face à la crise du Covid-19 et a aussi pu mettre en place à un moment donné des mesures très efficaces pour juguler la pandémie. C’est donc important de pouvoir inclure Taïwan dans le concert des nations. »

RFI

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