Climat: Joe Biden se rend à la COP26 les mains presque vides

Joe Biden (D) et la Première dame Jill Biden à Rome le 29 octobre 2021

Joe Biden (D) et la Première dame Jill Biden à Rome le 29 octobre 2021 afp.com – Alberto PIZZOLI

L’ambitieux plan de Joe Biden en faveur des familles et de l’environnement restait bloqué vendredi au Congrès, privant le président américain du succès qu’il espérait avant le début de la COP26.

Le vaste plan, baptisé « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux »), est une promesse de campagne qui prévoit de transformer en une décennie les secteurs de l’éducation, la santé et la lutte contre le changement climatique.

« Je sais que nous avons le cadre d’un plan économique historique », a affirmé jeudi le président, après rencontré les élus de son parti à la Chambre des représentants qui lui ont offert un soutien de principe.

Ce cadre « créera des millions d’emplois, fera croître l’économie, investira dans notre nation et notre peuple », a-t-il ajouté lors d’une allocution depuis la Maison Blanche, avant de s’envoler pour le G20 à Rome.

Les démocrates, qui contrôlent la chambre basse, vont désormais étudier les détails des 2.500 pages du plan dans les prochains jours.

Mais ce sera trop tard pour Joe Biden, qui souhaitait arriver lundi au sommet international sur le climat à Glasgow (Ecosse) avec en poche la ratification du « plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique », selon lui.

Le volet climatique du plan prévoit en effet d’investir 550 milliards de dollars pour réduire à l’horizon 2030 les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport aux niveaux de 2005, un engagement de M. Biden lors du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris après la parenthèse Trump.

– « Enorme pas en avant » –

Le plan promet aussi des cadeaux fiscaux aux particuliers pour passer aux énergies propres (panneaux solaires, éoliennes, voiture électrique) et aux entreprises pour accroître leur compétitivité dans les technologies vertes.

C’est « un énorme pas en avant pour réaliser les objectifs du président Biden sur le climat », s’est félicité Sheldon Kimber, patron de la société spécialisée Intersect Power.

« Mais pour les concrétiser, il va falloir une volonté collective, un consensus social et la mobilisation du gouvernement et du secteur privé », a-t-il affirmé, espérant que le Congrès « trouve la volonté de voter » le texte.

D’autant que son adoption est censée déclencher celle d’un autre plan de 1.200 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures (routes, ponts…), également une promesse de campagne du président démocrate.

La loi « Build Back Better » fait l’objet de difficiles négociations internes depuis plusieurs mois, les modérés et progressistes se déchirant sur le montant total de la facture et le spectre de la réforme.

Deux sénateurs centristes, Kyrsten Sinema et Joe Manchin, s’opposaient frontalement à une première version du plan.

Leurs votes sont indispensables car la majorité démocrate au Sénat est si ténue qu’une seule voix dissonante équivaut à un veto.

Pour les convaincre, Joe Biden a expurgé des éléments de contentieux et ramené le montant du plan à 1.750 milliards de dollars sur une décennie, soit moitié moins qu’annoncé initialement.

Les deux élus n’ont toutefois pas dit explicitement s’ils soutiendraient le texte proposé.

– Réalité –

Ces concessions sont aussi dénoncées par l’aile gauche du parti, favorable à de plus amples réformes.

Les élus progressistes de la Chambre bloquent l’adoption finale de la loi sur les infrastructures, approuvée par le Sénat en août, assurant vouloir voter les deux textes ensemble car « ils font partie du même programme ».

« Les membres de notre groupe ne voteront pas le texte sur les infrastructures sans la loi Build Back Better. Nous allons nous mettre au travail immédiatement pour finaliser et voter les deux textes de loi en même temps à la Chambre », a affirmé jeudi le groupe des progressistes.

Un de ses dirigeants, Ro Khanna, a toutefois indiqué jeudi soir sur CNN être « tout à fait assuré » que les progressistes voteraient le texte, pourquoi pas dès la semaine prochaine.

« Nous voulions un paquet de 3.500 milliards de dollars mais nous comprenons la réalité de la situation, » a aussi admis la patronne du groupe, Pramila Jayapal, à des journalistes.

Pour Joe Biden, ces deux textes détermineront le succès de son mandat, et notamment le résultat des élections parlementaires partielles de 2022.

« Les majorité à la Chambre et au Sénat ainsi que ma présidence seront déterminées par ce qui se passera la semaine prochaine », a assuré M. Biden lors de sa rencontre avec les élus, selon le New York Times.

LE JV2 AVEC AFP

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