Attaque au couteau de Nice: un an après, l’heure de l’hommage aux victimes

Des fleurs et des bougies déposées sur les marches de la basilique Notre-Dame de l'Assomption, après une attaque au couteau, le 30 octobre 2020 à Nice
Des fleurs et des bougies déposées sur les marches de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, après une attaque au couteau, le 30 octobre 2020 à Nice afp.com – Valery HACHE

Du sang sur un pilier, des portes de la sacristie enfoncées: un an après, la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice porte encore les stigmates de l’attaque au couteau du 29 octobre et de ses trois morts, auxquels il sera rendu hommage vendredi.

Leurs portraits illuminent une absidiole, décorée de fleurs. Nadine Devillers, Niçoise de 60 ans, Simone Barreto Silva, Franco-Brésilienne de 44 ans et mère de trois enfants, et le sacristain Vincent Loquès, 55 ans, père de deux filles, ont été tués par un jeune Tunisien, Brahim Aouissaoui, arrivé à Nice l’avant-veille et armé d’une lame de 17 cm.

« Nadine a été attaquée à l’entrée de la basilique, au niveau du bénitier. Elle venait d’arriver et de se signer », raconte le père Frédéric Sangès, vicaire de la paroisse, qui montre l’endroit où sera apposée une plaque commémorative vendredi.

Une statue sera également dévoilée sur le parvis de la basilique, sur la très passante avenue Jean-Médecin.

Puis, après des discours et un chant interprété par l’un des fils de Simone Barreto Silva, une messe sera célébrée par Mgr André Marceau, évêque de Nice.

Les familles des victimes seront présentes, dont Joffrey Devillers, qui avait épousé Nadine en juillet 1998.

« Elle était très très croyante », confie-t-il: « Nous habitions à 200 m de la basilique. Toutes les semaines elle y allait, même si elle restait cinq minutes. Elle faisait une prière et quand ça n’allait pas elle mettait un petit cierge pour que ça s’arrange ».

Comme « une prolongation de son existence », Joffrey a contribué à la publication récente de l’autobiographie de son épouse, « Arrête de faire ta Cosette », où elle raconte une vie « chaotique » et marquée par les drames.

Les familles des victimes doivent être reçues fin novembre par le pape. A titre posthume, le mari de Nadine réalisera donc une autre volonté de son épouse, qui « rêvait » de trois choses: « Rencontrer le Pape François » mais aussi l’acteur « Brad Pitt et Christian Estrosi », maire ex-LR de Nice.

– « Paroisse Cœur de Nice » –

Gravement blessé lors de son interpellation, l’auteur des faits, Brahim Aouissaoui, a ensuite été transféré en région parisienne, à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes.

Dans le cadre de l’enquête, confiée au parquet national antiterroriste (PNAT), l’homme a été mis en examen début décembre pour « assassinats et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ».

Connu en Tunisie pour des faits de violence et de drogue, le jeune homme de 22 ans, arrivé clandestinement en Europe par l’île italienne de Lampedusa, s’était tourné vers la religion puis isolé.

Interrogé début avril, l’homme, qui assurait alors ne pas se souvenir des événements survenus en France, a, selon une source proche du dossier, de nouveau été entendu « début juin et reste sur la même ligne de défense ».

« Le vrai point intéressant sera l’expertise psychologique et mentale », encore attendue, a ajouté cette source.

Si pendant les premières semaines des paroissiens de la basilique « sont partis, par peur, d’autres sont venus », confie encore le père Sangès.

Autour de la basilique, que le diocèse a souhaité rouvrir « tout de suite, trois jours après l’attaque », les mesures de sécurité, peu à peu allégées, sont encore maintenues.

Durant les trois premiers mois, des sentinelles « ont rassuré les paroissiens ».

Désormais, les entrées sont filtrées par un vigile, ce qui n’a pas empêché l’intrusion le 12 octobre d’un homme qui a lancé des paroles en arabe et a craché au sol, conduisant le sacristain à déclencher le bouton d’urgence permettant d’alerter la police municipale.

L’homme, interpellé, a ensuite été relâché. Mais l’incident a ravivé les craintes dans une ville encore marquée, notamment par l’attentat meurtrier du 14 juillet 2016 et ses 86 morts sur la Promenade des Anglais.

Mesure plus symbolique, la dénomination de la paroisse a changé, devenue « paroisse Cœur de Nice, car si nous sommes bien situés au cœur de la ville, le cœur c’est ce qui fait vivre le corps », conclut le père Sangès.

LE JV2 AVEC AFP

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