2020, année de baisse record pour les migrations dans l’OCDE

Des migrants en route pour les Etats-Unis, marchent vers Mexico pour demander le statut de réfugiés, le 27 octobre 2021 à Huixtla
Des migrants en route pour les Etats-Unis, marchent vers Mexico pour demander le statut de réfugiés, le 27 octobre 2021 à Huixtla afp.com – ISAAC GUZMAN

L’année 2020 a connu un effondrement inédit d’au moins 30% des flux migratoires vers les pays de l’OCDE, où la pandémie a également « mis fin à dix années d’amélioration » pour les immigrés sur le marché du travail, a annoncé jeudi l’organisation internationale.

« La crise du Covid-19 a entraîné la plus forte baisse jamais enregistrée des flux d’immigration dans les pays de l’OCDE, de plus de 30% », a écrit l’organisation de coopération et de développement économiques dans son rapport annuel sur les migrations.

Avec 3,7 millions de personnes qui ont rejoint ses 25 pays membres, l’immigration a atteint l’an dernier le plus bas niveau enregistré depuis 2003.

Une dégringolade qui pourrait être encore beaucoup plus forte, selon des estimations préliminaires que dévoile l’OCDE jeudi: « La baisse des flux d’immigration a largement dépassé les 50% si l’on ne prend pas en considération les changements de statut », qui peuvent faire apparaître administrativement une même personne deux fois.

Les Etats-Unis, qui restent le premier pays d’immigration de l’OCDE, ont enregistré une baisse de 44% comparé à 2019, avec 576.000 nouveaux arrivants en 2020.

Parmi les cinq principaux pays de destination de l’OCDE, la France, elle, a enregistré la baisse la moins marquée (-21%), avec 230.000 « nouveaux immigrés », selon l’OCDE.

– Clémentines –

« Toutes les catégories d’immigration permanente ont diminué en 2020 », poursuit l’organisation, selon laquelle les migrations familiales, traditionnellement premier moteur des déplacements, ont enregistré la baisse « la plus importante » avec plus de 35% de diminution.

Si les migrations temporaires de travail ont fortement diminué dans la plupart des pays, une catégorie d’immigration a fait figure d’exception en 2020, tant sa baisse a été contenue: il s’agit des travailleurs agricoles saisonniers, dont les entrées n’ont reculé que de 9% dans l’ensemble.

Dans la plupart des pays riches, les domaines des récoltes et de l’agriculture ont continué de drainer cette main d’œuvre qui s’est révélée essentielle même en temps de crise sanitaire, comme l’a prouvé l’épisode français de la clémentine corse – lorsqu’un pont aérien avait été mis en place entre le Maroc et la France fin 2020 – suivi d’autres.

Aux Etats-Unis (213.000 saisonniers) et en Pologne (137.000), cette immigration a même grimpé en 2020.

« Cela va prendre du temps avant de retrouver le niveau (d’immigration) de 2019, y compris dans les pays où il y a une reprise en 2021 », a estimé, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann, jugeant que les migrants ont été « touchés de manière disproportionnée » par les pertes d’emploi en 2020.

– Plan de relance –

L’OCDE, qui peut dans ce rapport mesurer pour la première fois l’effet d’une année complète de pandémie sur les migrations, estime que le Covid-19 « a mis fin à dix années d’amélioration continue de la situation des immigrés sur le marché du travail ».

En moyenne, plus des deux tiers des immigrés occupaient un emploi en 2020, soit une baisse de 2% en un an.

« Cela reste relativement modéré car il y a eu des efforts très importants pour maintenir les gens en emploi pendant la crise », notamment en France, observe Jean-Christophe Dumont, chef de la division Migrations de l’OCDE.

L’aspect « positif », a commenté devant la presse la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, est que la pandémie a rendu « évident que nous avons besoin des migrants » sur le marché du travail.

Elle a toutefois appelé à lutter contre le travail irrégulier: « Nous savons que les migrants souffrent vraiment de travailler dans des conditions dangereuses, de ne pas être suffisamment payés », a-t-elle déclaré, estimant le travail au noir des migrants à 17% du marché de l’emploi européen.

« Les immigrés font toujours partie des populations les plus vulnérables, car ils sont concentrés dans les secteurs les plus touchés, comme l’hôtellerie-restauration », reprend Jean-Christophe Dumont.

« Au-delà de l’impact de la crise », anticipe-t-il, « l’enjeu sera de s’assurer que le plan de relance soit inclusif », y compris pour les immigrés.

LE JV2 AVEC AFP

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