Le budget britannique post-Covid porté par une croissance plus rapide que prévu cette année

Le ministre britannique des Finances Rishi Sunak tient la "Budget box" devant le 11 Downing Street, le 27 octobre 2021 à Londres

Le ministre britannique des Finances Rishi Sunak tient la « Budget box » devant le 11 Downing Street, le 27 octobre 2021 à Londres afp.com – DANIEL LEAL-OLIVAS

Le Chancelier britannique Rishi Sunak a dévoilé mercredi un budget pour une « économie post-Covid » porté par une prévision de croissance plus forte que prévu pour 2021, mettant l’accent notamment sur les services publics et promettant de remettre le budget sur les rails.

Rishi Sunak s’appuie sur les prévisions élaborées par l’organisme public OBR qui projette le retour de l’activité économique à son niveau d’avant la pandémie début 2022 au lieu de mi-2022, grâce à la réouverture de l’économie et au succès des vaccins anti-covid.

Le Chancelier de l’Echiquier a affirmé que « ce budget est focalisé sur l’investissement et sur une économie plus innovante et qualifiée », avançant notamment que le total des dépenses gouvernementales augmenterait de 3,8% par an d’ici 2024-2025.

Le pays devrait toutefois voir la hausse du PIB ralentir à 6% en 2022. Et l’inflation pourrait culminer « à près de 5% l’an prochain, le taux le plus élevé dans le pays en trois décennies », selon l’OBR.

La reprise montre en effet des signes d’essoufflement, pénalisée par des pénuries de main d’oeuvre, des chaînes d’approvisionnement engorgées et la flambée des prix de l’énergie, sans omettre un niveau élevé de nouveaux cas de Covid-19.

– Déception sur le climat –

« Avec les prix des carburants au plus haut en huit ans, je ne suis pas prêt à pressurer davantage les familles et les petites entreprises », a-t-il notamment affirmé, avant d’annoncer qu’une hausse prévue d’une taxe sur les carburants était annulée.

Le gouvernement avait déjà dévoilé un fonds de 500 millions de livres pour aider les ménages défavorisés à payer leurs factures d’électricité, chauffage et nourriture cet hiver, mais cette décision faisait suite à une baisse des minimas sociaux.

Pour financer ses mesures, une hausse des prélèvements sociaux a aussi été entérinée, brisant une promesse de campagne, ainsi qu’une hausse de la taxe sur les entreprises qui va passer de 19 à 25%.

Le Chancelier n’a pas annoncé mercredi de nouvelle hausse majeure, confirmant même la réduction d’une surtaxe pesant sur les banques, pour amortir la hausse de l’impôt sur les sociétés pour le secteur.

Une vaste refonte des taxes sur l’alcool, qui augmenteront sur les alcools fort mais baisseront notamment sur les vins pétillants, a aussi été annoncée.

A quelques jours de l’ouverture de la conférence climatique COP26 à Glasgow, l’environnement était le parent pauvre de ce budget, Rishi Sunak s’appuyant surtout sur les 26 milliards de livres d’investissement en capital dévoilés pour la semaine dernière dans le cadre de sa stratégie de neutralité carbone.

Et le ministre des Finances a notamment annoncé une baisse des taxes sur les vols courts, dénoncée notamment par le syndicat des cheminots Aslef, qui juge qu’avant la COP26 « cela n’envoie que de mauvais signaux ».

– « Univers parallèle » –

La principale responsable travailliste sur les finances, Rachel Reeves, a raillé le Chancelier: « les banquiers qui prennent des vols courts en buvant du champagne applaudiront ce budget » mais « les familles en difficulté penseront que Rishi Sunak vit dans un univers parallèle ».

« L’urgence climatique aurait dû être la pièce centrale de ces orientations budgétaires(…) mais M. Sunak a passé plus de temps a discuter des taxes sur le cidre », a fustigé Greenpeace

L’ONG estime que les annonces du Chancelier ne couvrent que 5% des dépenses nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques du pays.

Le responsable conservateur a aussi à coeur d’amorcer un redressement des finances publiques britanniques, le pays ayant accusé l’an dernier un deficit record depuis la Seconde Guerre mondiale, à près de 15% du produit intérieur brut.

Malgré une baisse de l’emprunt public plus rapide qu’attendu en septembre, le Chancelier a ainsi annoncé mercredi de nouvelles règles fiscales « pour maintenir ce gouvernement sur la trajectoire de la discipline de de la responsabilité », visant notamment un excédent budgétaire et une baisse du ratio de la dette d’ici trois ans.

Le Trésor avait distillé ces derniers jours nombre de pré-annonces, notamment une augmentation du salaire minimum à 9,50 livres par heure et la fin du gel des salaires dans la fonction publique, ou encore six milliards de livres pour aider le service national de santé (NHS), sous forte pression, à répondre aux retards de soins engendrés par la pandémie.

Quelques heures avant la prestation de M. Sunak, un rapport parlementaire dénonçait pour sa part le programme de traçage du covid-19 britannique: il a coûté la somme « exorbitante » de 37 milliards de livres pour des résultats jugés mitigés.

LE JV2 AVEC AFP

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