Equateur: les indigènes comptent poursuivre les manifestations

Des indigènes bloquent une route près de Zumbahua en Equateur, le 26 octobre 2021

Des indigènes bloquent une route près de Zumbahua en Equateur, le 26 octobre 2021afp.com – Rodrigo BUENDIA

Les indigènes d’Equateur comptent manifester mercredi pour le deuxième jour consécutif, malgré l’état d’urgence, pour protester contre la politique économique du gouvernement et une hausse des prix des carburants.

« Nous allons poursuivre pour le deuxième jour la mobilisation et la résistance au niveau national », a déclaré mardi soir Leonidas Isa, président de la Confédération des nationalités indigènes (Conaie), au terme d’une journée de manifestations, les plus importantes depuis l’arrivée au pouvoir du président conservateur Guillermo Lasso voilà cinq mois.

La journée a été marquée par des barrages routiers dans plusieurs provinces et le défilé à Quito de quelques milliers de personnes –syndicalistes, indigènes et étudiants– malgré l’état d’urgence décrété le 18 octobre pour lutter contre l’insécurité et le trafic de drogue.

Des heurts ont opposé en fin de journée près de la présidence à Quito quelques dizaines de manifestants qui ont lancé des pierres à des policiers, déployés en nombre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. La police a également fait usage de lacrymogènes pour disperser des manifestants bloquant des routes en périphérie. Un manifestant a été blessé à Quito, a constaté l’AFP.

Le gouvernement a fait état de 37 arrestations, avec cinq policiers blessés. Deux soldats qui avaient été capturés par des manifestants sont en bonne santé.

« Les manifestations ont pu être contrôlées », a tweeté M. Lasso, ancien banquier âgé de 65 ans. « Ce gouvernement garantit le droit de protester quand il est pacifique et s’exerce dans le cadre de la loi ».

Il avait auparavant dénoncé les conséquences économiques de la paralysie du pays, tweetant: « dites #Non à la grève pour la réactivation et la prospérité de tout le pays ».

La manifestation à Quito a réuni 1.500 personnes, selon le colonel de police César Zapata.

« Je suis venue pour mes trois enfants qui sont au chômage depuis l’année dernière. Ils m’aident à manger et nous souffrons tous, nous sommes désespérés », a déclaré à l’AFP Maria Elena Ponce, femme au foyer de 58 ans.

« C’est le début d’une grève progressive, tout dépend du gouvernement, il doit geler les prix des carburants, réduire le coût de la vie », a dit à l’AFP William Bastantes, 48 ans, enseignant à l’Université centrale.

Des barricades avaient été dressées sur des routes dans au moins cinq des 24 provinces du pays, dont celle de la capitale, selon le centre opérationnel de secours national.

Dans la région centrale des Andes, un barrage bloquait l’entrée de Zumbahua, ville majoritairement indigène à 165 km de Quito. Les manifestants ont interdit le passage avec des blocs de pierre et incendié des pneus, a constaté l’AFP.

Les actions de blocage visent notamment à pousser le président conservateur Guillermo Lasso à revenir sur la hausse annoncée de 12% du prix des carburants.

Le gouvernement doit « geler les prix des carburants à 1,50 dollar pour le diesel et à 2 dollars pour l’essence », a dit à l’AFP M. Iza.

La Conaie a contribué à renverser trois présidents entre 1997 et 2005 et contraint en 2019 le président Lenin Moreno (2017-2021) à faire machine arrière sur la suppression totale des subventions publiques aux carburants. Douze jours de manifestations violentes s’étaient soldés par 11 morts.

– Climat explosif –

La mobilisation intervient dans un climat déjà explosif dans ce pays de 17,7 millions d’habitants, dont 7,4% d’indigènes. L’insécurité flambe en raison de la guerre des gangs pour contrôler le juteux marché de la cocaïne et l’économie peine à se relever des conséquences du Covid-19. La pauvreté frappe environ 47% de la population.

« Au lieu de faire baisser les tensions », l’augmentation des prix du carburant « provoque un énorme malaise, un mécontentement parmi les travailleurs et le peuple », a déclaré à l’AFP le dirigeant syndical Angel Sanchez.

Le prix du carburant est un fréquent sujet de discorde entre les gouvernements équatoriens et les groupes autochtones.

Les manifestations actuelles se déroulent dans le cadre d’un état d’urgence de 60 jours décrété par le pouvoir pour lutter contre la violence liée au trafic de drogue, qui mobilise l’armée dans les rues pour soutenir la police dans ses opérations.

Niché entre la Colombie et le Pérou, le pays est une plaque tournante du narcotrafic en raison de ses frontières perméables, de son économie dollarisée et de ses grands ports maritimes d’exportation.

LE JV2 AVEC AFP

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