Soudan : les télécommunications coupées, la rue vent debout

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, à la tête des militaires qui ont dissous le gouvernement de transition, ici dans une vidéo diffusée le 25 octobre 2021. © AP

Sept personnes ont été tuées et 140 blessées par des tirs de l’armée soudanaise, lundi, à Khartoum, lors de manifestations massives dénonçant un coup d’État et l’arrestation de la quasi-totalité des dirigeants civils par le général Abdel Fattah al-Burhane. Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra, mardi après-midi, une réunion d’urgence à huis clos. Suivez en direct les événements de la journée sur notre live.  

« Pas de retour en arrière possible », scandent toujours, tôt mardi 26 octobre, les Soudanais dans la rue. Le général soudanais, Abdel Fattah al-Burhane, a dissous, la veille, les autorités du gouvernement de transition – dont la quasi-totalité des membres civils est déjà aux mains de l’armée. L’état d’urgence a été décrété alors que des tirs ont fait sept morts et 140 blessés parmi les milliers de manifestants pro-démocratie.

Le coup d’État, dénoncé par la communauté internationale, s’est déroulé en plusieurs étapes. Le Premier ministre Abdallah Hamdok, son épouse, nombre de ses ministres et tous les membres civils du Conseil de souveraineté – plus haute autorité de la transition – ont été arrêtés par des militaires. Lundi soir, ils étaient toujours dans « un lieu inconnu », a indiqué son bureau.

Ces événements interviennent deux jours seulement après qu’une faction soudanaise appelant à un transfert du pouvoir vers un régime civil a mis en garde contre un « coup d’État rampant », lors d’une conférence de presse qu’une foule de personnes non identifiées avait cherché à empêcher.

Parce que pour manifestants et experts, la perspective d’un retour au règne sans partage des militaires est désormais de plus en plus réaliste, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra mardi après-midi une réunion d’urgence à huis clos.

  • Khartoum à l’arrêt

Alors que les télécommunications sont coupées après le coup d’État de lundi, la capitale fonctionne au ralenti ce mardi. Les rues et les grands axes de Khartoum sont bloqués par des militaires ou par des manifestants, tandis que les magasins sont fermés. C’est dans cette ambiance tendue que le Soudan attend la prise de parole du général Abdel Fattah al-Burhan. Celui-ci doit s’exprimer d’ici peu.

  • 9 h 35 : Abdel Fattah al-Burhane s’exprimera en début d’après-midi

Le général soudanais doit prendre la parole à partir de 11 h 00 GMT (13 h 00 heure de Paris).

  • 9 h 10 : le général Abdel Fattah al-Burhane doit tenir une conférence de presse

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil de souveraineté qui a dissous les autorités du gouvernement de transition, s’exprimera à la mi-journée, indique son bureau (annonce de l’AFP).

  • 8 h 15 : toutes les télécommunications sont coupées au Soudan, annonce une chaîne saoudienne

Al Hadath, chaîne de télévision saoudienne basée à Dubaï, annonce ce mardi que toutes les télécommunications sont coupées au Soudan, au lendemain du début du coup d’État militaire à Khartoum. Les autorités soudanaises, elles, n’ont pas communiqué à ce sujet. Cette information est rapportée par l’agence Reuters.

  • 8 h : le Soudan étranglé par la crise économique

Le coup d’État en cours au Soudan trouve aussi sa source dans la situation économique désastreuse depuis une décennie. Line Rifai livre quelques pistes pour France 24 à propos de cette « économie soudanaise qui a été confrontée à de nombreux chocs ».

Le premier remonte au 9 juillet 2011 et à la sécession du Soudan du Sud qui a « privé le Soudan d’une grande partie du 3/4 de ses réserves de pétrole et de l’essentiel de ses revenus liés à l’or noir ». Pour rappel, avant 2011, l’or noir représentait plus de la moitié des recettes du pays. Conséquence directe : le PIB s’est effondré, -3,2% en 2011 et -17% en 2012.

« Autre conséquence : une chute des réserves de change, c’est-à-dire des dollars qui rentraient dans le pays notamment grâce aux exportations de pétrole. Or, ces dollars, le Soudan en a besoin à la fois pour importer des biens essentiels mais aussi pour défendre la valeur de la monnaie sur les marchés internationaux. La livre soudanaise s’est effondrée et les prix ont flambé. »

  • 7 h 30 : la diplomatie russe observe avec prudence les événements au Soudan

Si la communauté internationale condamne le coup d’État, la Russie, elle, se veut plus mesurée. Moscou a fait savoir que « ce putsch est le résultat logique d’une politique ratée qui a été menée ces deux dernières années ». Notre correspondant dans la capitale russe, Paul Gogo, explique que la Russie a beaucoup d’intérêts au Soudan, d’où cette volonté de voir comment ce coup d’État va se poursuivre. « L’objectif est de ne pas tout perdre à la première crise politique », développe Paul Gogo (voir notre vidéo en une de l’article).

  • 6 h : la rue refuse toujours le coup d’État

Sous une nuée de drapeaux, des milliers de Soudanais campaient dans les rues de Khartoum, mardi matin. « Pas de retour en arrière possible », scandaient certains manifestants. 

  • 2 h : les États-Unis condamnent le renversement du gouvernement civil

« Nous rejetons totalement la dissolution du gouvernement civil de transition et de ses institutions et appelons à leur rétablissement immédiat », a affirmé le secrétaire d’État américain Antony Blinken, dans un communiqué lundi soir.

« L’arrestation du Premier ministre Hamdok et d’autres dirigeants civils est inacceptable. Les forces militaires doivent garantir leur sécurité et les libérer immédiatement », a-t-il ajouté.

Le JV2 Avec AFP et REUTERS

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