Biden donne encore un coup de collier pour faire passer ses réformes

Le président Joe Biden s'apprête à embarquer pour le New Jersey, le 25 octobre 2021, à la base aérienne de l'Etat du Delaware.

Le président Joe Biden s’apprête à embarquer pour le New Jersey, le 25 octobre 2021, à la base aérienne de l’Etat du Delaware. afp.com – ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Joe Biden se déplace lundi dans le New Jersey pour vanter encore et encore son programme de réformes économiques et sociales, sur lequel les parlementaires démocrates semblent enfin accorder leurs violons, après bien des compromis.

Le président américain a indiqué qu’il avait « l’espoir » de boucler ce dossier avant de s’envoler jeudi pour l’Europe, aux journalistes rassemblés sur la base aérienne de l’Etat du Delaware, où il a passé le week-end.

Joe Biden veut donner un dernier coup de collier avant de partir pour Rome, où il participera en fin de semaine au sommet du G20, puis Glasgow, pour le grand sommet COP26 sur le climat.

Un vote du Congrès américain avant son départ serait « très positif », a-t-il encore déclaré lundi avant de grimper dans Air Force One.

Il se rend dans l’Etat voisin du New Jersey (nord-est) pour détailler ses projets de meilleure prise en charge des jeunes enfants — un domaine dans lequel les Etats-Unis sont à la traîne parmi les pays développés — et ses ambitions de développement des transports publics.

Dépenses sociales d’un côté, développement des infrastructures physiques de l’autre: ce sont les deux piliers du grand programme d’investissements du président démocrate.

Mais ce plan est pour l’heure encore bloqué au Parlement, faute d’accord au sein du camp démocrate entre les plus progressistes, qui veulent frapper un grand coup face à la montée des inégalités, et les centristes, qui appellent à la retenue budgétaire et fiscale.

Resté un temps à l’écart des discussions parlementaires, Joe Biden s’est lancé dans la mêlée ces derniers jours, à la fois pour convaincre les élus et pour mieux expliquer ses projets au grand public.

Le président américain aimerait arriver en Europe auréolé d’une victoire politique majeure, lui qui veut faire de l’Amérique un modèle de prospérité pour toutes les démocraties du monde.

– « Encore des choses à régler » –

Il a reçu dimanche pour le petit-déjeuner, dans son fief de Wilmington (Delaware, nord-est), le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer et le sénateur Joe Manchin, l’un des élus démocrates réfractaires.

Cette entrevue « s’est bien passée. Il y a encore des choses à régler mais cela s’est bien passé », a estimé Joe Biden lundi.

La majorité démocrate au Sénat, la chambre haute du Congrès, est tellement mince que le camp démocrate ne peut se permettre aucune défection.

A en croire les informations de presse les plus fraîches, un compromis semble se dessiner sur un programme moins ambitieux mais financé, au moins en partie, par une mesure fiscale plutôt inédite, et très populaire auprès des économistes progressistes: la taxation des plus-values dites « latentes ».

La Maison Blanche renoncerait en contrepartie à son projet d’augmentation de l’impôt sur les plus hauts revenus américains.

– Programme raboté –

En clair, il s’agirait de taxer les gains dormant dans les épais portefeuilles d’actions des grandes fortunes américaines, après une période particulièrement faste sur les marchés.

Si ce projet de taxation est très innovant, il ne peut faire oublier que Joe Biden, pour faire passer son programme « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux »), a dû accepter bien des compromis.

Le volet consacré aux infrastructures, lourd de plus de 1.000 milliards de dollars, n’a pas posé de problème majeur et devrait même récolter des voix de l’opposition républicaine, un fait devenu rarissime tant la présidence Trump a creusé les clivages partisans.

Mais le démocrate de 78 ans a dû tempérer ses ambitions en termes de dépenses environnementales et sociales, dans un pays où la santé et l’éducation sont considérées, très largement, comme des affaires privées.

Le président américain voulait au départ faire voter un programme de 3.500 milliards de dollars sur 10 ans pour améliorer la prise en charge de la santé, de l’éducation et de la petite enfance, mais aussi doper la transition énergétique.

Au cours des discussions au sein de son parti, ce montant a été ramené à environ 2.000 milliards, une somme qui reste colossale.

LE JV2 AVEC AFP

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