Centrafrique : un commandant présumé de la Séléka accusé de torture devant la CPI

Mahamat Said Abdel Kani

Un suspect de crimes de guerre commis en République centrafricaine a détenu ses opposants dans un trou sous son bureau et les a torturés jusqu’à ce qu’ils supplient d’être tués, a déclaré mardi 12 octobre le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI). Mahamat Said Abdel Kani, 51 ans, un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, responsable de nombreuses violences dans le pays en 2013, est accusé d’avoir dirigé deux centres de détention pendant le conflit.

La CPI, basée à La Haye, tient cette semaine des audiences pour déterminer si les 14 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité retenus par le procureur contre Mahamat Said Abdel Kani, doivent être confirmés, ce qui ouvrirait la voie à un procès. Les magistrats ont 60 jours pour prendre leur décision.

«Il ne peut pas plaider l’ignorance»

Selon le procureur, Mahamat Said Abdel Kani a personnellement maltraité des personnes favorables à l’ancien président centrafricain François Bozizé, chassé du pouvoir par la Séléka. «Des personnes ont été détenues dans des conditions épouvantables sans aucun respect pour leur humanité», a déclaré le procureur général de la CPI, Karim Khan, qui faisait sa première apparition devant la Cour depuis sa prise de fonction en juin.

L’accusation a montré pendant une audience la photo d’une cellule sous terre surnommée «le trou», recouverte de planches en bois et d’un bureau. «Au-dessus d’eux (les prisonniers) se trouvait Mahamat Said Abdel Kani, la zone au-dessus était son bureau», a indiqué Karim Khan. «Littéralement debout sur leur tête, piétinant leur dignité, piétinant leurs droits, il ne peut pas plaider l’ignorance», a-t-il poursuivi. Les prisonniers étaient menottés pendant des semaines et ont été soumis à de fausses noyades et obligés de porter des cagoules remplies de poivre, selon l’accusation.

Mahamat Said Abdel Kani a été remis en janvier par les autorités de Bangui à la CPI, sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par l’un des juges de la juridiction en 2019. Deux anciens chefs de guerre centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom, qui dirigeaient des milices anti-balaka – majoritairement chrétiennes et animistes, fondées par François Bozizé pour lutter contre la Séléka – sont actuellement jugés par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s