Que devient Blaise Compaoré le principal accusé dans le procès de l’assassinat de Thomas Sankara ?

Blaise Compaoré lors d'une réunion entre dirigeants africains le 29 janvier 2011. Renversé par des manifestations populaires le 31 octobre 2014 l'ancien président vit en exil en Côte d'Ivoire.

Blaise Compaoré lors d’une réunion entre dirigeants africains le 29 janvier 2011. Renversé par des manifestations populaires le 31 octobre 2014 l’ancien président vit en exil en Côte d’Ivoire. AP/ Archives

L’ex-président burkinabè Blaise Compaoré n’assistera pas au procès de l’assassinat de Thomas Sankara qui s’ouvre lundi à Ouagadougou. Dans ce procès Blaise Compaoré fait figure de principal accusé. L’ancien chef d’État a été chassé du pouvoir en 2014 par une insurrection populaire. Il vit aujourd’hui en exil en Côte d’Ivoire.

Il est le grand absent du procès de l’assasinat de Thomas Sankara qui s’ouvre ce lundi 11 octobre. Ses avocats dénoncent « un procès politique » devant le tribunal militaire de Ouagadougou, « une juridiction d’exception ».
 

Blaise Compaoré a été porté au pouvoir par le coup d’Etat de 1987 au cours duquel Thomas Sankara, « père de la révolution » burkinabè et icône panafricaine, a été tué.
Il y restera 27 ans avant d’être renversé en 2014 par une insurrection populaire.

Exilé en Côte d’Ivoire depuis 2014

Agé de 70 ans, il vit depuis à Abidjan en Côte d’Ivoire, pays dont il a obtenu la nationalité et où il entretient de longue date une relation privilégiée avec le président Alassane Ouattara. Cet amitié rend illusoire toute éventuelle extradition après un mandat d’arrêt émis par la justice du Burkina Faso il y a cinq ans.

Sa première rencontre en mai dernier à Abidjan depuis 2014 avec un ministre burkinabé – Zéphirin Diabré, chargé de la Réconciliation nationale – avait suscité chez ses partisans, mais aussi parmi les proches des victimes du putsch de 1987, l’espoir qu’il rentre de son plein gré à Ouagadougou.

Son amitié avec Alassane Ouattara rend impossible toute extradition

Au nom de la réconciliation, ce retour avait été évoqué par l’actuel président Roch Marc Christian Kaboré pendant sa campagne électorale de novembre 2020.
Mais après la rencontre d’Abidjan, la presse du Burkina se montrait sceptique sur un tel retour, le procès des assassins présumés de Sankara étant une « épée de Damoclès » pesant sur la tête de Compaoré et nécessitant un minimum de garanties.

Le quotidien en ligne Wakat Sera, écrivait notamment que Blaise Compaoré « sait qu’en revenant, il devra se soumettre à la justice pour les nombreux dossiers dans lesquels il est cité, dont le plus emblématique est celui de l’affaire Thomas Sankara ».

Jugé par contumace

L’ancien président est donc jugé par contumace pour « complicité d’assassinats », « recel de cadavres » et « attentat à la sûreté de l’Etat ». Bras droit de Thomas Sankara, il a toujours nié avoir commandité l’assassinat de son frère d’arme.
 

Mais pendant son règne de 27 ans, la mort de celui qui, par ses actes et déclarations « révolutionnaires », dérangeait nombre de ses voisins d’Afrique de l’Ouest et la France, ancienne puissance coloniale, était un sujet tabou.

Il a fallu attendre le régime de transition de 2015 pour que le dossier de la mort de Sankara resurgisse et qu’un mandat d’arrêt soit émis contre Blaise Compaoré par la justice burkinabé en mars 2016.

LE JV2 AVEC AFP

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