Le Premier ministre de Centrafrique au JDD : « Il n’y a pas d’intrusion russe dans les affaires de l’État »

Henri-Marie Dondra

Henri-Marie Dondra Henri-Marie Dondra, Premier ministre de la République centrafricaine
 
 

Alors que le Mali se tourne vers les mercenaires russes du groupe Wagner pour assurer une partie de sa défense, le chef du gouvernement de République centrafricaine, Henri-Marie Dondra, s’explique auprès du JDD sur l’influence déjà réelle de ces combattants dans son pays.

Alors que le Mali se tourne vers les mercenaires russes du groupe Wagner pour assurer une partie de sa défense, le chef du gouvernement de République centrafricaine, Henri-Marie Dondra, s’explique auprès du JDD sur l’influence déjà réelle de ces combattants dans son pays.
 

« Les mercenaires du Groupe Wagner? J’ai entendu cette rumeur. Mais nulle part il n’existe un contrat entre mon pays et une société de sécurité privée russe. Tout ce que nous avons fait, c’est signer un accord de coopération militaire avec la Russie. Et, sur notre sol, il n’y a que des instructeurs qui aident à la formation de nos forces de sécurité et de défense. » Au téléphone, ce jeudi, le nouveau Premier ministre de la République centrafricaine (RCA), Henri-Marie Dondra, reste catégorique : en aucun cas son pays n’entretient de liens avec la sulfureuse société de sécurité d’Evgueni Prigojine, cet oligarque proche de Vladimir Poutine, dont le nom a refait surface à la faveur de l’actualité malienne.

Pourtant, la ligne de défense du chef du gouvernement résiste peu à l’épreuve des faits. À Bangui, certains cadres de Wagner, auparavant très discrets, ne se cachent plus vraiment, fréquentant les bars les plus en vue de la capitale. Les mercenaires, d’anciens soldats chevronnés auxquels s’ajoutent d’ex-cadres du GRU, le renseignement militaire russe, sont présents aux quatre coins du pays.

La mainmise du groupe de Prigojine sur l’appareil sécuritaire centrafricain est presque totale

 

Voilà maintenant près de quatre ans que les Russes ont débarqué à Bangui. Officiellement, il ne s’agissait à l’époque que de 175 hommes venus former les Faca (forces armées centrafricaines) en difficulté face aux divers groupes armés nés lors de la guerre civile de 2013-2014. Mais, rapidement, l’identité de ces « militaires » sans insigne laisse peu de place au doute. Soucieux de ne pas apparaître au grand jour, le Kremlin va utiliser Wagner comme un bras armé en RCA comme il l’a fait auparavant en Ukraine, en Syrie ou au Soudan.

En Centrafrique, la société de Prigojine œuvre sous couvert d’une autre société, Sewa Security Services, elle-même liée à une compagnie minière, Lobaye Invest. Au fil des mois, son influence est allée croissante. Sa mainmise sur l’appareil sécuritaire centrafricain est devenue quasi totale en ce début d’année, lorsqu’elle s’est impliquée dans la contre-offensive contre une alliance de rebelles qui menaçaient de fondre sur Bangui. Cette collaboration entre mercenaires et armée centrafricaine n’est pas sans conséquences. En mai, un rapport d’experts de l’ONU dénonçait les exactions commises par les « instructeurs » russes et les Faca, des crimes que Bangui a reconnus vendredi.

Le conseiller russe du président de RCA

 

Combien d' »instructeurs » russes sont aujourd’hui présents en Centrafrique? « Entre 500 et 600 », assure le Premier ministre. En réalité, ils seraient entre 800 et 2.000. L’influence russe ne s’arrête pas là. Le président Touadéra, dont la sécurité est assurée par les Russes, est ainsi conseillé par le tout-puissant Valery Zakharov, un proche de Prigojine. Henri-Marie Dondra nie pourtant toute mise sous tutelle : « Il n’y a pas d’intrusion russe dans les affaires de l’État. »

Cette immixtion de Moscou a en tout cas fait une victime, la France, dont les liens avec la RCA se sont effilochés, notamment en raison de violentes campagnes antifrançaises sur les réseaux sociaux. « C’est regrettable que nos relations pâtissent de cette désinformation, confie le Premier ministre centrafricain. La France est un partenaire privilégié et nous continuons à maintenir le dialogue avec elle. » Pas suffisamment, apparemment. En juin, Paris a gelé l’aide budgétaire à la Centrafrique et suspendu la coopération militaire.

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