Présidentielle: la macronie lance sa campagne en attendant son candidat

Richard Ferrand (à gauche), Christophe Castaner (au centre) et Stanislas Guerini, trois personnalités importantes de La République en Marche (LREM), aux Journées parlementaires du parti, à Angers, le 6 septembre 2021

Richard Ferrand (à gauche), Christophe Castaner (au centre) et Stanislas Guerini, trois personnalités importantes de La République en Marche (LREM), aux Journées parlementaires du parti, à Angers, le 6 septembre 2021 afp.com – JEAN-FRANCOIS MONIER

La République en marche réunit l’ensemble de la macronie ce week-end à Avignon, un « campus » aux airs de lancement de campagne présidentielle, mais sans candidat officiel, qui pourrait également entériner la dissolution du mouvement dans un nouveau grand parti.

Dans le Vaucluse, le rassemblement se veut d’abord une démonstration militante: 4.300 marcheurs inscrits, soit 1.300 de plus que le raout d’il y a deux ans à Bordeaux. « L’idée, c’est de remettre du liant après la crise sanitaire », résume la numéro deux du parti, Marie Guévenoux, autant que de poser les jalons de la campagne de réélection du futur candidat Macron.

Le patron de LREM, Stanislas Guerini, doit par ailleurs être conforté après plusieurs semaines de turbulences: les instances dirigeantes du parti ont acté que son mandat, qui devait s’achever en décembre, serait prorogé jusqu’à la fin de la campagne électorale.

Mais cinq ans après la « Grande marche » qui avait accompagné la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, lors de laquelle il s’agissait d’interroger les citoyens sur leurs préoccupations, que reste-t-il des marcheurs et de leur place dans la future campagne?

Un ministre répond, sans s’encombrer des formes: « Le parti, ça sert à distribuer des tracts, point ».

En attendant qu’Emmanuel Macron se lance officiellement, LREM a initié depuis la rentrée une phase de défense du bilan du quinquennat qui s’achève.

D’abord dans ses rangs, avec une grande campagne d’appels des cadres locaux pour les sensibiliser aux réformes entreprises, et en externe, avec la distribution de 500.000 documents vantant les actions du mandat de M. Macron. Une opération de porte-à-porte est également programmée par le parti qui espère remobiliser parmi ses quelque 400.000 adhérents revendiqués, dont 10.000 à 15.000 réellement « actifs » selon plusieurs sources internes.

Dans la cité des papes, le rassemblement doit également être l’occasion de faire avancer le chantier de la « maison commune » de l’ensemble de la macronie.

Sur le programme de ce « campus », la mention « La République en marche » n’apparaît d’ailleurs pas, troquée pour la marque « Majorité présidentielle » – à l’instar du vocable utilisé sur les tracts distribués depuis un mois.

– De l' »écho » dans la maison commune –

Dimanche, lors des universités d’été du MoDem, François Bayrou a appelé à la création avant Noël d’une « coopérative » de la majorité chargée d’incarner « l’espace central » et des valeurs telles que « l’humanisme », « l’engagement européen », la « transition écologique ».

Le maire de Pau a plaidé pour que « les Français puissent adhérer directement à ce nouveau mouvement sans passer par l’une ou l’autre des chapelles » partisanes, sans pour autant faire disparaître LREM et le MoDem, en restant évasif sur les statuts de la future structure.

« C’est pas grave que les gens n’y comprennent rien à ce stade: c’est le début d’un processus. On a envie de se parler et pas de se foutre sur la gueule », note un ponte du MoDem, qui dit désormais « attendre un écho de LREM à Avignon » à la proposition de François Bayrou.

Au-delà de la forme, c’est aussi le contenu de la campagne présidentielle qu’entendent esquisser les marcheurs ce week-end, notamment autour de tables rondes et débats sur « l’indépendance française et européenne », « travail et mérite » ou encore le « nouveau pacte français ». Signe que la campagne est bien sur les rails, les participants pourront également suivre une utile formation « conformité des dons en période électorale ».

Si chacun convient que « le directeur de campagne et celui qui fera le programme, c’est Emmanuel Macron et personne d’autre », nombre de pontes de la macronie avancent leurs pistes.

Par exemple, l’un des porte-parole de LREM, le député Roland Lescure, appelle à « aller plus loin sur la fin de vie, le cannabis » ou à « réinventer le dialogue social ».

« On peut être battu même si l’on a un bon bilan, c’est ce qui s’est passé pour Jospin (en 2002, NDLR). Un bon bilan ne suffit pas. Il faut un projet », souligne Mme Guévenoux. D’autant qu’à six mois de l’échéance présidentielle, Emmanuel Macron fait figure de favori dans un paysage morcelé, source d’inquiétudes tant les sondages d’automne sont rarement les résultats de printemps.

Dès lors, la numéro deux de LREM le répète: « C’est une règle de bon sens de ne pas partir gagnant ».

LE JV2 AVEC AFP

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