Ce que l’on sait de l’affaire du « tueur au visage grêlé », identifié après trente-cinq ans d’enquête

Un portrait robot du « tueur au visage grêlé » diffusé en mai 1986 dans la presse. (MAXPPP)

Le tueur a été identifié comme « un homme de 59 ans, domicilié dans le sud de la France », a déclaré la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau. 

Après trente-cinq ans sans réponse, l’un des plus vieux « cold cases » français a été élucidé. Des expertises ADN ont confirmé que l’ex-gendarme qui s’est suicidé au Grau-du-Roi (Gard) était bien le « grêlé », un tueur et violeur en série recherché depuis les années 1980, a annoncé le parquet de Paris, jeudi 30 septembre. Franceinfo fait le point sur ce que l’on sait de François Vérove, soupçonné dans cinq affaires de viols et d’homicides.

Le tueur était un ancien gendarme à la retraite

Le tueur a été identifié comme François Vérove, « un homme de 59 ans, domicilié dans le sud de la France », a déclaré la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau. Selon les informations de franceinfo, il avait d’abord été gendarme en Ile-de-France dans la Garde républicaine en tant que motocycliste, de 1983 à 1988. Puis il avait intégré la brigade motocycliste urbaine de la police dans les Bouches-du-Rhône, avant de devenir chef de l’une des brigades de Montpellier (Hérault).

Interrogé par Le Parisien, un ancien collègue le décrit comme « quelqu’un de calme, de posé ». Egalement délégué syndical, François Vérove était parti à la retraite après une blessure en 2011, a appris France Télévisions de source policière. Il avait siégé au conseil municipal de Prades-le-Lez, dans l’Hérault, entre 2014 et 2019.

« Je connaissais son passé dans la police et la gendarmerie. Il avait eu un accident de moto, en service je crois, et gardait un souci à une jambe. »

Jean-Marc Lussert, ancien maire de Prades-le-Lez  

au « Parisien »

Marié et père, l’ancien militaire avait déménagé il y a plusieurs années à La Grande-Motte, dans l’Hérault. Son épouse avait signalé sa disparition lundi 27 septembre, deux jours avant qu’il ne soit auditionné dans le cadre de l’enquête sur l’affaire du « grêlé ». Le corps de François Vérove, qui s’est suicidé, a été retrouvé mercredi 29 septembre dans un appartement qu’il avait loué au Grau-du-Roi, une ville voisine. Le Parisien précise qu’il avait « vidé ses comptes en banque » quelques jours plus tôt.

Il a été identifié grâce à des analyses ADN

L’identification du « tueur au visage grêlé » est « l’aboutissement d’une très longue enquête et le fruit de la ténacité du chef du groupe cold case » de la brigade criminelle de la Direction régionale de la police judiciaire, s’est félicité un policier auprès de franceinfo. Ces dernières années, l’enquête avait été relancée et les éléments recueillis au cours de l’instruction avaient « permis d’orienter les investigations (…) vers un suspect non identifié qui aurait pu exercer la profession de gendarme » dans les années 1980. La magistrate instructrice avait convoqué « ces derniers mois » 750 gendarmes en poste en région parisienne à l’époque des faits, a précisé la procureure de la République de Paris. François Vérove faisait partie des anciens militaires concernés et devait être auditionné le 29 septembre.

Il a pu être identifié grâce à la comparaison de son ADN avec « un profil ADN susceptible d’appartenir à l’auteur des faits », retrouvé sur plusieurs scènes de crime, selon le parquet.

Une lettre d’aveux a par ailleurs été retrouvée avec son corps. Il y raconte avoir été poussé durant certaines périodes par des « pulsions », rapporte Midi libre. « Je reconnais être un grand criminel qui a commis des faits impardonnables jusqu’à la fin des années 1990 », aurait-il encore écrit, selon Le Parisien. Le quotidien rapporte qu’il y évoque des meurtres, mais sans donner de détails sur ses victimes ou les circonstances des crimes commis. Il affirmerait en revanche qu’il « n’aurait rien fait depuis 1997 », après s’être « pris en main ».

Il est soupçonné dans cinq affaires différentes

A ce stade de l’enquête, François Vérove est soupçonné dans cinq affaires impliquant six victimes : deux viols, deux homicides, un viol avec tentative d’homicide volontaire et un viol avec homicide volontaire. Ce dernier dossier concerne le viol de Cécile Bloch, 11 ans, retrouvée morte dans le sous-sol de son immeuble du 19e arrondissement de Paris en mai 1986.

Le matin du meurtre, le tueur avait été aperçu par plusieurs personnes, dont les parents de la petite fille et son demi-frère, dans le hall de l’immeuble. Quelques minutes après le départ de ses parents, Cécile Bloch aurait pris l’ascenseur pour se rendre à l’école. Son agresseur se serait alors probablement engouffré derrière elle, l’obligeant à descendre au deuxième sous-sol puis l’entraînant dans les caves pour la violer et la poignarder. Un portrait-robot avait été diffusé dans les médias après le meurtre, montrant un homme âgé de 25 ans environ, mesurant 1,80 mètre avec des cheveux châtains et une peau du visage grêlée à cause de traces d’acné.

Le « grêlé » est également suspecté dans l’enlèvement et le viol d’une enfant de 11 ans dans l’Essonne, en 1994. Selon BFMTV, Ingrid a par la suite reconnu son agresseur grâce au portrait-robot établi après la mort de Cécile Bloch. Son profil génétique a permis de faire le rapprochement avec plusieurs autres viols ainsi qu’avec un double homicide commis à Paris, en 1987, précise France 3 Occitanie

Les familles des victimes veulent que l’enquête se poursuive

« Il y a à la fois une sorte de satisfaction [à la confirmation de son identité] parce que pour les familles, ne pas savoir, c’est imaginer qu’on peut le recroiser à n’importe quel moment, a réagi l’avocat de la famille Bloch sur franceinfo, vendredi 1er octobre. Et aussi, après, un sentiment d’amertume, parce qu’il ne livrera pas ses secrets. » Didier Seban a précisé qu’il allait « demander à la justice de continuer à enquêter, pour savoir si [François Vérove] a pu avoir des complices et pour déterminer le nombre de victimes qu’il a pu causer ».

« Il y a d’autres affaires sur lesquelles on n’a pas retrouvé son ADN mais qu’on a rapprochées du ‘grêlé’, compte tenu des modes opératoires et des lieux, comme le meurtre de Karine Leroy », a souligné l’avocat. Cette jeune femme de 19 ans a disparu en juin 1994 à Meaux, en Seine-et-Marne, mais les enquêteurs n’ont à ce stade pas évoqué de lien avec François Vérove. « C’est là que l’enquête doit se poursuivre pour donner des réponses à ces familles qui sont encore dans l’attente », a estimé Didier Seban.

Franceinfo

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