Première visite du chef de la diplomatie israélienne à Bahreïn

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid arrive le 30 septembre 2021 à Manama

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid arrive le 30 septembre 2021 à Manama afp.com – Mazen MAHDI

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid est arrivé jeudi à Bahreïn pour y inaugurer la première ambassade de son pays, un an après la signature d’un accord de normalisation des relations entre l’Etat hébreu et ce petit royaume du Golfe.

Des accords bilatéraux doivent également être conclus durant la visite, une première pour un chef de la diplomatie israélienne à Bahreïn, d’où a décollé peu après son arrivée un Airbus A320 de la compagnie nationale Gulf Air, premier vol commercial direct entre la capitale Manama et Tel-Aviv.

« Je suis très fier de représenter Israël lors de la première visite officielle et historique au royaume (de Bahreïn) », a tweeté M. Lapid en arabe et en hébreu après son arrivée à l’aéroport de Manama où il a été accueilli par son homologue bahreïni Abdellatif al-Zayani.

Une conférence de presse conjointe est prévue plus tard dans la journée.

Des manifestants ont brûlé des pneus en périphérie de la capitale Manama pour protester contre cette visite, une large partie de la société bahreïnie s’opposant à la normalisation avec Israël, en soutien à la cause palestinienne. Le hashtag en arabe « Bahreïn contre le sionisme » est populaire sur les réseaux sociaux.

Les Bahreïnis refusent que « leur terre soit souillée par les gangsters sionistes », a tweeté Ibrahim Sharif, militant des droits humains. Et le parti d’opposition chiite Al-Wefaq voit cette visite comme une « provocation contre le peuple bahreïni qui tient à la cause palestinienne ».

La route menant vers l’aéroport a été placée sous haute sécurité, avec aucun drapeau israélien hissé pour l’occasion.

Le 15 septembre 2020, Bahreïn a signé, en même temps que les Emirats arabes unis, un accord pour établir des relations officielles avec Israël, faisant de ces monarchies du Golfe les premiers pays arabes à reconnaître l’Etat hébreu, après l’Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

Les Palestiniens ont dénoncé un « coup de poignard dans le dos » et accusé les Emirats et Bahreïn d’avoir trahi le « consensus arabe » faisant du règlement du conflit israélo-palestinien la condition sine qua non à la normalisation des relations avec l’Etat hébreu.

Les accords dits d’Abraham ont été promus par la précédente administration américaine de Donald Trump, en échange de diverses concessions économiques ou politiques au bénéfice des pays arabes concernés.

Cette campagne diplomatique a également abouti à des accords similaires avec le Maroc et le Soudan.

Le 29 juin, Yaïr Lapid avait inauguré aux Emirats la première ambassade d’Israël dans le Golfe, lors d’une visite officielle inédite puis il s’était rendu au Maroc le 11 août pour y signer des accords de coopération.

Proche des Emirats et Bahreïn, l’Arabie saoudite, première puissance économique du monde arabe, refuse elle de normaliser ses liens avec Israël, insistant sur la nécessité de résoudre au préalable la question palestinienne.

Ryad avait démenti des informations de la presse israélienne sur une rencontre entre l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

LE JV2 AVEC AFP

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