Côte d’Ivoire: enquête sur des accusations de viol contre un ministre

Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale Kouadio Konan Bertin, alors candidat à l'élection présidentielle, durant la campagne, le 27 octobre 2020 à Abidjan

Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale Kouadio Konan Bertin, alors candidat à l’élection présidentielle, durant la campagne, le 27 octobre 2020 à Abidjan afp.com – Issouf SANOGO

La justice ivoirienne a ouvert une enquête après des accusations de viol portées par une jeune femme contre le ministre de la Réconciliation Kouadio Konan Bertin qui assure n’avoir « rien à se reprocher », a-t-on appris mercredi auprès du Parquet.

« La jeune fille a porté plainte auprès de la gendarmerie. Une information (judiciaire) est en cours », ont expliqué à l’AFP les services du Parquet, précisant que le ministre avait également porté plainte en diffamation contre la jeune femme.

« Les deux dossiers sont traités en même temps », a poursuivi le Parquet.

Lundi, dans un document audio diffusé sur internet, une artiste ivoiro-camerounaise, qui affirme avoir été une collaboratrice de M. Bertin, l’a accusé de l’avoir violée en avril dernier, à Divo (200 km à l’ouest d’Abidjan), où elle dit avoir été emmenée de force.

Interrogé mardi soir sur le sujet, à la télévision nationale RTI, le ministre a assuré n’avoir « rien à se reprocher ».

« C’est un dossier pénal qui est entre les mains de la justice », a-t-il ajouté.

Mercredi, la Ligue ivoirienne des droits des femmes a « demandé aux autorités judiciaires d’enquêter sur cette affaire afin que la lumière soit faite », dans un communiqué.

Elle précise qu’elle « accompagnera » la plaignante dans la procédure.

Kouadio Konan Bertin, dit « KKB », avait été le seul adversaire d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle d’octobre 2020, lors de laquelle il avait recueilli 1,99% des voix.

Il avait été nommé deux mois plus tard ministre de la Réconciliation nationale.

Ces accusations interviennent quelques semaines après la vague d’indignation qui avait secoué le pays, provoquée par la diffusion d’une émission télévisée accusée d’avoir fait l’apologie du viol.

L’animateur Yves de M’Bella avait invité dans son émission sur la Nouvelle chaîne ivoirienne (NCI, privée) censée dénoncer le viol, un ancien violeur à qui il avait demandé d’expliquer comment il s’y prenait pour abuser de ses victimes, en s’aidant d’un mannequin devant un public goguenard.

Cette émission avait immédiatement suscité l’indignation de personnalités, d’anonymes et de victimes de viol qui réclamaient des sanctions contre l’animateur et sa chaîne.

Yves de M’Bella avait été condamné dans la foulée à 12 mois de prison avec sursis pour « apologie du viol » et « atteinte à la pudeur » tandis que son invité avait écopé de deux ans de prison ferme.

LE JV2 AVEC AFP

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