Soudan: un groupe jihadiste peu connu revendique l’assassinat de «six» militaires

Dans un message Facebook, le «Mouvement pour le prêche et le combat» affirme avoir tué notamment trois officiers et deux soldats (illustration).
Dans un message Facebook, le «Mouvement pour le prêche et le combat» affirme avoir tué notamment trois officiers et deux soldats (illustration). AFP/File

Au Soudan, un groupe jihadiste baptisé « Mouvement pour le prêche et le combat », a revendiqué ce mercredi 29 septembre la mort de plusieurs militaires soudanais, tués la veille lors d’une perquisition.

Selon les services de renseignement soudanais, tout s’est passé lors d’une perquisition, menée mardi dans une maison du quartier de Jabra à Khartoum. Dans leur communiqué, ils affirment avoir perdu cinq officiers lors des échanges de tirs, mais également avoir arrêté au cours de l’opération onze « terroristes de différents pays étrangers », tandis que quatre autres auraient pris la fuite. D’après Khartoum, ces hommes appartenaient à une cellule « proche de l’État islamique ».

Mais le groupe qui a finalement revendiqué la mort des officiers sur sa page Facebook ce matin, nie avoir un quelconque lien avec l’organisation EI. Ce groupe qui se fait appeler « Mouvement pour le prêche et le combat » affirme avoir fait six victimes au total, dont trois officiers et deux soldats, sans donner de détail sur la sixième personne tuée.

Ce mouvement avait jusqu’à présent peu fait peu parler de lui au Soudan. Ce matin, ils affirment être également derrière la tentative d’assassinat qui avait visé le Premier ministre Abdallah Hadock en mars 2020. Ils affirment également dans leur communiqué vouloir mener de nouvelles attaques malgré les « astuces médiatiques » des autorités soudanaises.

Plus vulnérable à des attaques

Sous le régime de l’ancien autocrate Omar el-Béchir, le Soudan était devenu un pays paria sur la scène internationale en raison de son soutien aux groupes extrémistes islamistes, notamment en accueillant Oussama Ben Laden et Al-Qaïda entre 1992 et 1996. Mais le pays n’était pas considéré « véritablement comme une cible du fait de son origine islamiste, puisque c’est un régime qui trouve son origine dans les frères musulmans soudanais », explique le chercheur Jérôme Tubiana, spécialiste du Soudan.

« C’était une source et aussi un pays de transit, et aussi d’origine des combattants. Aujourd’hui on peut penser qu’il est devenu une cible parce qu’il a connu une révolution, en grande partie laïque, pro-occidentale et soutenue par l’Occident, poursuit le chercheur. Les choix politiques du gouvernement de transition rendent évidemment le Soudan plus vulnérable à des attaques. De même que le fait que cette transition soit tout de même fragile, instable et fasse beaucoup d’insatisfaits, rend aussi le Soudan peut-être un terrain d’opportunité pour des groupes jihadistes. »

Englué dans le marasme politique et économique, Khartoum annonçait il y a une semaine avoir mis en « échec » une tentative de coup d’État menée, selon elle, par des civils et des militaires partisans de Béchir. Le gouvernement fait également face à un mouvement de contestation dans l’Est, poumon commercial du pays dont les habitants sont majoritairement pauvres, qui a paralysé un temps les exportations de pétrole sud-soudanaises et continuent de menacer l’ensemble de l’import-export du Soudan.

Jonas Horner, chercheur à l’International Crisis Group, explique qu’il existe une « crainte au sein d’une partie de la société civile » que le « tournant libéral et laïc » pris par les autorités de l’après-Béchir n’expose le Soudan à devenir « un champ de bataille pour les groupes islamistes extrémistes, qui chercheraient à maintenir le Soudan » dans leur giron.

L’organisation État islamique, elle, n’a jamais revendiqué d’attaque sur le sol soudanais. En 2019, le département d’État américain avait cependant mis en garde contre une possible arrivée au Soudan de l’EI, qui n’existe plus que dans des poches en Syrie et des cellules clandestines terrées dans le désert et dans les montagnes d’Irak.

Fin 2020, Khartoum a été retirée par Washington de sa liste « noire » des pays soutenant le « terrorisme », sur laquelle elle figurait depuis 1993 et qui lui valait de lourdes sanctions économiques et faisait obstacle aux investissements étrangers.

RFI

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