L’OMS réagit suite à un rapport dénonçant des viols commis par son personnel en RDC

Le directeur général de l'OMS Tedros Ghebreyesus lors d'une conférence de presse à Lyon le 27 septembre 2021.
Le directeur général de l’OMS Tedros Ghebreyesus lors d’une conférence de presse à Lyon le 27 septembre 2021. AP – Denis Balibouse

L’OMS réagit après la publication d’un rapport d’une commission indépendante sur des abus sexuels et des viols commis par des membres de son personnel en RDC. Les faits se sont produits entre 2018 et 2020. En pleine opération de lutte contre l’épidémie d’Ebola. 

Les enquêteurs ont identifié au moins 75 victimes, principalement des femmes, souvent peu éduquées et issues de milieu pauvres. Leurs agresseurs leur avaient promis des emplois dans la riposte contre le virus Ebola en échange de faveurs sexuelles explique notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. Le rapport évoque au moins neuf viols, 29 grossesses menées à terme et six victimes qui ont fait des fausses couches. Certaines ont dû avorter, parfois sous la pression de leurs agresseurs.

Le patron de l’OMS, Tedros Ghebreyesus s’est dit horrifié par ce qu’il a lu. « Ces comportements qui sont décrits dans ce rapport sont abjects et sont non seulement une trahison des gens qu’on prétend servir. Mais c’est aussi une trahison des membres de l’OMS qui se mettent en danger pour aider les autres. Y compris ceux qui ont été tués par des groupes armés alors qu’ils protégeaient les gens d’Ebola. C’est un jour sombre pour l’OMS », a-t-il déclaré. 

Le rapport dénonce aussi la culture d’impunité qui régnait chez certains membres de l’OMS et les manquements de certains responsables, au courant de ces abus, qui n’ont pas sonné l’alerte.

Le patron de l’OMS promet une réponse ferme et rapide contre ces derniers et contre les 21 auteurs présumés identifiés dans le rapport et qui travaillent ou travaillaient pour l’organisation. On ne connait pas leurs noms, mais on sait qu’il y a parmi eux des étrangers et des Congolais qui étaient aussi bien des agents de sécurité que des médecins. Parmi les auteurs suspectés de ces abus, il y a des personnels nationaux et internationaux. Les conclusions de l’enquêtes sont édifiantes, rapporte notre envoyée spéciale à Kinshasa, Sonia Rolley.

« Certains actes d’exploitation et d’abus sexuels étaient organisés au sein d’un réseau de personnel opérant par le biais de la branche locale de recrutement du centre de coordination de la riposte. La grande majorité des victimes que l’équipe d’examen a rencontré n’ont pas obtenu les emplois promis en dépit d’avoir consenti aux relations sexuelles », a détaillé Malick Coulibaly, membre de la commission d’enquête.

« La réponse à Ebola dans le Nord Kivu et dans l’Ituri a été une vaste et complexe opération dans une région très peu sécurisée nécessitant un recrutement très important de personnel national et international. Mais rien de cela n’excuse pour des faits d’exploitation sexuelle et d’abus. Nous reconnaissons que nous aurions dû prendre des mesures plus stricte pour la sélection de nos candidats », a concédé Tedros Ghebreyesus.

Les enquêtes vont se poursuivre car la commission, qui a été mise en place suite aux révélations successives de la fondation Thomson Reuters et The Humanitarian, assure recevoir encore des plaintes. Après avoir reçu ce rapport, l’OMS dit avoir mis fin aux contrats de quatre personnes qu’elle employait encore. L’organisation va transmettre les allégations de viols aux autorités congolaises ainsi qu’aux pays d’origine des principaux suspects.

LE JV2 AVEC AFP

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