Centrafrique: qui a peur du burkinabé Arouna Nikiema ?

 

L’homme d’affaires burkinabé Arouna Nikiema a été longuement interpellé à l’aéroport de bangui, capitale de la Centrafrique, le 25 septembre, à l’atterrissage du vol Asky en provenance de Lomé.

 Accueilli à sa descente d’avion par une procédure arbitraire d’expulsion, le patron de la société de convoyage de fonds Burval Afrique, également co-propriétaire de la la société de sécurité Croisement en Centrafrique (1 000 emplois ), a été retenu de longues heures par la police des frontières, insensible aux interventions du consul du Burkina Faso.

 Selon les informations, les pandores  avaient reçu un ordre personnel provenant d’un ministre conseiller à la présidence. Détenteur d’un passeport diplomatique, Arouna Nikiema ne devra sa non expulsion qu’à l’intervention du ministre d’État, ministre de la justice,  Arnaud Abazene DJOUBAYE, fin connaisseur des us et coutumes de la diplomatie. 

Le Garde des Sceaux  ordonnera au deuxième substitut du procureur de la République de se rendre à l’aéroport Bangui M’POKO avec Maître GABA, avocat de Nikiema, aux environs de 22h, pour extraire l’opérateur économique des griffes de la police. 

Au delà du procédé burlesque, c’est surtout le degré de l’arbitraire qui choque dans cette non affaire. Comment un conseiller à la présidence, fut-il ministre, peut-il régler les entrées et sorties de la frontière sur son humeur personnelle ?

Est-ce un avertissement de la part de quelques lobbys souterrains positionnés sur le secteur de la sécurité et qui ont de l’effet sur ledit ministre conseiller ? 

En attendant des clarifications en cours, Arouna Nikiema a reçu les excuses officielles de la République. Reçu par le Premier ministre (photo), l’homme d’affaires se dit plus que jamais engagé dans ses projets en RCA.

Pour rappel, en juillet dernier, Croisement SA a obtenu le renouvellement de son contrat de protection des infrastructures de la Mission des Nations Unies pour la Centrafrique (MINUSCA). L’entreprise de Arouna Nikiema va donc continuer à assurer des missions de gardiennage non armé pour un marché estimé à 7 millions de dollars.

Fondé en 2015, Croisement – qui assure également la sécurité de TotalEnergie en RCA- est dirigé par Christian Perrière, un cadre français. Le conseil d’administration est présidé par Arouna Nikiéma, ancien juriste d’affaires qui a fondé à Ouagadougou en 1996 la Brigade burkinabè de surveillance (BBS), une holding spécialisée sur la sécurité privée,  le convoyage de fonds et la sûreté, à travers sa filiale centrafricaine Croisement et ses entités burkinabè BBS First Security, Burval et Bureau Suretas.

Pour faire fructifier ses activités dans plusieurs pays du continent – Burkina, Mali, Guinée, Côte d’Ivoire, Togo -, Arouna Nikiéma s’appuie sur ses influents réseaux qui reposent notamment, rapportent Africa Intelligence et Wakat Sera, sur ses fonctions de président de la Confédération africaine des activités privées de sécurité (CAAPS). 

 

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