Elections en Islande: le gouvernement garde sa majorité mais avec une Première ministre fragilisée

La Première ministre islandaise Katrín Jakobsdottir dans un bureau de vote, le 25 septembre 2021 à Reikjavik

La Première ministre islandaise Katrín Jakobsdottir dans un bureau de vote, le 25 septembre 2021 à Reikjavik afp.com – Halldor KOLBEINS

La coalition gauche-droite au pouvoir en Islande va garder sa majorité au terme des élections législatives samedi, mais la place du mouvement de gauche écologiste de la Première ministre Katrin Jakobsdottir ressort fragilisée par rapport à ses deux alliés de droite.

Selon les dernières projections vers 05H00 GMT, l’alliance est créditée de 37 des 63 sièges du Parlement, avec plus des trois quarts des voix comptabilisées dans le vaste pays de seulement 370.000 habitants dont 255.000 électeurs.

Même s’il n’est pas certain que les trois partis continueront à gouverner ensemble et sachant que les tractations sont traditionnellement longues, l’Islande semble s’éloigner d’un scénario de blocage politique que laissaient redouter les sondages.

Jamais depuis la faillite spectaculaire des banques islandaises en 2008 et la grave crise qui s’en était suivie, un gouvernement islandais sortant n’avait conservé sa majorité. Il faut remonter à 2003 pour trouver un précédent.

Avec plus de 17% des voix, le grand vainqueur de la soirée est le Parti du progrès (centre-droit). Il ravit au mouvement Gauche-Verts de Mme Jakobsdottir (environ 13%) le rang de deuxième parti d’Islande, derrière l’indéboulonnable Parti de l’indépendance (conservateur) de l’ex-Premier ministre Bjarni Benediktsson, autour de 24%.

Selon ce comptage encore partiel, ce dernier obtiendrait 16 (stable) des 63 sièges de l’Althingi – le Parlement millénaire de l’Islande. Les progressistes de Sigurdur Ingi Johannsson gagneraient 13 sièges, cinq de plus que lors des élections précédentes de 2017.

Le mouvement Gauche-Verts reculerait lui à huit sièges, trois de moins qu’il y a quatre ans.

Si l’avenir de la coalition reste incertain, les trois chefs de partis avaient acté d’entamer des discussions s’ils parvenaient à maintenir la majorité gouvernementale, qui était menacée selon les sondages.

– « Pas de basculement à gauche » –

La fragilisation de la Première ministre soulève toutefois la question de son avenir à Stjornarradid, la modeste maison blanche où siègent les chefs de gouvernement islandais.

« Vu le recul que nous observons, les Gauche-Verts pourraient devoir réévaluer leur position au sein du gouvernement », souligne Eva Önnudóttir, professeur de sciences politiques à l’Université d’Islande.

« Nous allons devoir regarder combien les partis du gouvernement vont faire au total et quel résultat nous allons faire. Selon ces résultats préliminaires, nous perdons un peu de terrain et les progressistes augmentent », avait commenté Mme Jakobsdottir auprès de l’AFP au début de la soirée.

Depuis 2017, cette dernière a rendu les impôts plus progressifs, investi dans le logement social et étendu le congé parental. Sa gestion du Covid – 33 morts seulement – a été saluée.

Mais cette rare écologiste de gauche au pouvoir a aussi dû faire des renoncements pour sauvegarder sa coalition, comme sa promesse de créer un parc national dans le centre du pays.

La liesse régnait au QG du Parti du progrès. Le mouvement « est de retour au premier plan de la scène politique », a lancé son dirigeant Sigurdur Ingi Johannsson devant ses militants.

Survivant de plusieurs scandales, dont celui des Panama Papers en 2016, le parti conservateur a finalement conservé ses positions alors que les sondages lui promettaient un recul.

« Je ne vois pas de basculement à gauche », a constaté son dirigeant, Bjarni Benediktsson, ex-Premier ministre et actuel ministre des Finances.

Les deux partis se retrouvent en position de force et pourraient sur le papier former une majorité avec un autre petit parti, notamment le parti centriste de la Réforme (cinq sièges) voire le Parti du peuple (six sièges).

Après une décennie de crise et de scandales, la coalition sortante avait marqué le retour de la stabilité politique en Islande.

C’est la deuxième fois seulement depuis la crise financière de 2008 qui avait ruiné les banques et de nombreux Islandais qu’un gouvernement va au terme de son mandat.

Sur fond de défiance à l’égard de la classe politique héritée de l’effondrement financier et de scandales à répétition, cinq élections législatives avaient eu lieu entre 2007 et 2017 dans le pays, non membre de l’Union européenne.

Cette période avait aussi vu s’accroître l’éparpillement électoral. Au final, huit partis devraient être représentés au Parlement, comme en 2017, et non un record de neuf qu’annonçaient les sondages.

Dans un pays à l’avant-garde des combats féministes, les femmes deviendraient pour la première fois majoritaires à l’Althingi, avec 34 députées.

LE JV2 AVEC AFP

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