Puigdemont va rentrer à Bruxelles mais retournera en Italie pour une audience sur son extradition

L'ex-président de Catalogne et eurodéputé Carles Puigdemont (G) et son avocat Gonzalo Boye avant une conférence de presse à Alghero (Sardaigne), le 25 septembre 2021
L’ex-président de Catalogne et eurodéputé Carles Puigdemont (G) et son avocat Gonzalo Boye avant une conférence de presse à Alghero (Sardaigne), le 25 septembre 2021 afp.com – MIGUEL MEDINA

Brièvement arrêté en Sardaigne et libre de ses mouvements, l’ex-président de Catalogne et eurodéputé Carles Puigdemont a annoncé samedi qu’il rentrerait d’Italie lundi en Belgique mais retournerait début octobre en Italie pour une audience sur son extradition réclamée par l’Espagne.

« Je prévois de rentrer à Bruxelles lundi car il y a une réunion de la commission du commerce extérieur (du Parlement européen), dont je suis membre », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse à Alghero, une ville sarde de culture catalane. « Le 4 octobre, je suis convoqué au tribunal de Sassari (nord de la Sardaigne). Je serai effectivement présent, car chaque fois que j’ai été convoqué par les tribunaux, je me suis présenté », a-t-il assuré.

M. Puigdemont, 58 ans, eurodéputé depuis 2019, a été arrêté jeudi soir à son arrivée à l’aéroport d’Alghero, où il devait participer au festival catalan Adifolk. Il a été libéré vendredi soir après s’être engagé à être présent le 4 octobre pour une audience sur son extradition vers l’Espagne.

La justice espagnole l’accuse de « sédition » et de « détournements de fonds publics ».

Carles Puigdemont a également fait savoir qu’il continuerait à voyager en Europe, défiant Madrid et le mandat d’arrêt européen qui lui vaut des déboires judiciaires réguliers sur le continent depuis bientôt deux ans. « Nous ne renoncerons jamais et je continuerai à voyager en Europe », a assuré M. Puigdemont.

Son arrestation puis sa libération 24 heures plus tard par la justice italienne « donnent raison », selon lui, au combat des indépendantistes catalans pour « la liberté, la démocratie, la défense du droit à l’autodétermination, la liberté d’expression, la liberté de mouvement ».

Selon son avocat italien Agostinangelo Marras, la décision sur son extradition pourrait prendre « des semaines ».

– « Je suis libre » –

En mars 2018, il avait été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il avait été libéré quelques jours plus tard.

L’indépendantiste a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire mais le Parlement européen l’a levée le 9 mars à une large majorité. Une mesure confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’Union européenne.

La décision du Parlement européen fait cependant l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être rendu « à une date ultérieure ». Ses conseils légaux considèrent donc que la décision du Parlement est « suspendue », tout comme l’application du mandat d’arrêt, et que leur client doit encore bénéficier de son immunité.

Samedi matin, Carles Puigdemont avait pris un bain de foule à Alghero pour sa première apparition publique après sa libération de la prison de haute sécurité de Sassari.

« Je suis très content d’être ici, de profiter de cet événement, de cet événement culturel et linguistique » qui rassemble chaque année depuis près de quatre décennies des personnalités politiques et culturelles de Catalogne et de Sardaigne, avait-il dit à l’AFP. « J’ai l’habitude d’être persécuté par l’Espagne, mais ça finit toujours de la même façon : je suis libre ».

Il s’est ensuite entretenu avec le maire de la ville, Mario Conoci, le président de la région sarde, Christian Solinas, ainsi qu’avec le président catalan, Pere Aragones, et la présidente du Parlement de Catalogne, Lauras Borras.

La tentative de sécession de la Catalogne, en octobre 2017, a été l’une des pires crises traversées par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Malgré l’interdiction de la justice, le gouvernement régional présidé par M. Puigdemont avait organisé un référendum d’autodétermination émaillé de violences policières et suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance mort-née.

Madrid avait réagi en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement indépendantiste qui n’avaient pas fui à l’étranger.

LE JV2 AVEC AFP

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