Accord États-Unis – Huawei : Meng Wanzhou de retour en Chine

La directrice financière de Huawei Technologies, Meng Wanzhou, salue son arrivée du Canada à l'aéroport international de Shenzhen Baoan, à Shenzhen, dans la province de Guangdong, en Chine, le 25 septembre 2021.
La directrice financière de Huawei Technologies, Meng Wanzhou, salue son arrivée du Canada à l’aéroport international de Shenzhen Baoan, à Shenzhen, dans la province de Guangdong, en Chine, le 25 septembre 2021. © CCTV, via Reuters

Un accord conclu entre les États-Unis et Huawei, vendredi, a entraîné une série de libérations : la directrice financière du géant chinois, Meng Wanzhou, a pu quitter le Canada pour la Chine, quand deux Canadiens détenus en Chine depuis fin 2018 ont aussi pu retourner dans leur pays.

Une saga politico-judiciaire de trois ans s’achève. La justice américaine a entériné, vendredi 24 septembre, un accord scellé entre Washington et le géant chinois des télécommunications Huawei, qui permet à la directrice financière de ce dernier de rentrer en Chine contre un « report » jusqu’à fin 2022 des poursuites engagées contre elle, notamment pour « fraude bancaire ».

Une juge du tribunal fédéral de Brooklyn a « accepté » l’accord passé entre le ministère de la Justice américain et les avocats de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, que la justice américaine voulait juger sur son sol. Quelques heures après, Meng Wanzhou, assignée à résidence à Vancouver depuis presque trois ans, a embarqué à bord d’un avion, direction Shenzhen, où elle est bien arrivée samedi dans la soirée. 

Ces « trois dernières années, ma vie a été bouleversée », avait auparavant déclaré Meng Wanzhou, surnommée la « princesse » de Huawei, qui a toujours nié les accusations et a plaidé « non coupable » vendredi.

En réaction, deux Canadiens, l’ancien diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor, arrêtés en 2018 en Chine pour espionnage, ont également été libérés. 

Détenus en Chine depuis fin 2018 et libérés vendredi, les deux hommes sont arrivés au Canada samedi matin, où ils ont été accueillis par le Premier ministre Justin Trudeau. Ils ont atterri à Calgary, dans l’ouest du pays. D’après les images diffusées par la chaîne CTV, le Premier ministre les a enlacés sur le tarmac à leur descente d’avion au petit matin.

Les deux hommes sont arrivés sur le sol canadien dans un jet de l’aviation royale canadienne qui s’est posé alors qu’il faisait encore nuit. Michael Kovrig devait reprendre samedi matin un avion pour Toronto où sa famille vit, a précisé à l’AFP sa femme.

« Ces deux hommes ont vécu pendant plus de 1 000 jours une épreuve épouvantable. Ils ont fait preuve de détermination, de grâce, de résilience à chaque étape et ils sont une inspiration pour nous tous », a dit le Premier ministre Justin Trudeau, précisant qu’ils étaient attendus samedi au Canada.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a rapidement salué la décision des autorités chinoises de libérer les deux Canadiens après leur détention « arbitraire » qui avait provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin. 

Trois ans de bataille judiciaire

Le départ de Meng Wanzhou pour la Chine est la concrétisation d’un accord spectaculaire rendu public vendredi par un tribunal de New York entre le ministère de la Justice et le mastodonte chinois des télécoms.

Un représentant du ministère de la Justice a proposé devant un tribunal à New York de « reporter » jusqu’au 1er décembre 2022 (quatre ans après l’arrestation de Meng Wanzhou au Canada) les poursuites engagées depuis fin 2018 contre la directrice financière, notamment pour « complot » en vue de commettre une « fraude bancaire ».

Si cet accord n’est pas contesté ou rompu d’ici le 1er décembre, les poursuites seront abandonnées, selon le représentant du ministère américain de la Justice.

La justice américaine accusait la numéro 2 du géant chinois des télécoms d’avoir menti à un cadre de la banque HSBC lors d’une rencontre à Hong Kong en 2013, à propos des liens entre le groupe chinois et une filiale nommée Skycom qui vendait des équipements à l’Iran, exposant l’établissement à des sanctions américaines.

Selon le ministère de la Justice, Meng Wanzhou a reconnu, selon les termes de l’accord, qu’elle avait fait à l’époque « de fausses déclarations » et « dissimulé la vérité » au cadre de HSBC sur les « activités de Huawei en Iran », pays soumis à des sanctions américaines et internationales.

De son côté, Huawei a déclaré samedi 25 septembre, dans un communiqué, qu’il « continuera à se défendre » contre les allégations de la justice américaine selon lesquelles il aurait contourné les sanctions contre l’Iran.

LE JV2 AVEC AFP

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