Algarades, mésentente et amnésie : les anecdotes de la première journée de l’Assemblée générale de l’ONU

Le président chinois, Xi Jinping, prononce un discours pré-enregistrée à l'occasion de de la 76ème session de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 21 septembre, à New York.<br />  

Le président chinois, Xi Jinping, prononce un discours pré-enregistrée à l’occasion de de la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, mardi 21 septembre, à New York.

Après une semaine de travaux préparatoires, la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte, mardi 21 septembre, à New York. 193 pays seront invités à s’exprimer à la tribune durant une semaine. Plusieurs chefs d’Etat, à l’instar de Joe Biden ou de Félix Tshisekedi, ont déjà pris la parole au cours de cette première journée jalonnée de paroles ou d’absence remarquées.

Joe Biden annonce une « ère de diplomatie », délégation minimale pour la France

Il s’agissait de son premier discours solennel à la tribune des Nations unies depuis son intronisation en début d’année. Pour l’occasion, le président américain, Joe Biden, il s’est engagé à ouvrir une « ère de diplomatie » et de n’user de la force « qu’en dernier ressort », près d’un mois après le retrait des dernières troupes américaines d’Afghanistan.

« Nous ne voulons pas d’une nouvelle Guerre froide, ou d’un monde divisé en blocs rigides », a-t-il insisté, référence à son rival chinois, qu’il s’est toutefois gardé de nommer. Les Etats-Unis comptent par contre « participer avec vigueur » à la « compétition ».

Il a également fait la promesse de « défendre la démocratie » et ses « alliés », et de « s’opposer aux tentatives des pays les plus forts de dominer les plus faibles. »

Empêtré dans une crise diplomatique sans précédent avec la France, il a, en outre, mis l’accent sur son attachement au multilatéralisme. « Au cours des huit derniers mois, j’ai accordé la priorité à la reconstruction de nos alliances, à la revitalisation de nos partenariats et à la reconnaissance qu’ils sont essentiels à la sécurité et à la prospérité durables de l’Amérique. »
 

Une « absence » remarquée

Si le discours du président américain est généralement très attendu et suivi, quelques sièges vides dans l’Assemblée n’ont pas échappé à l’attention des spécialistes. Encore échaudée par la « trahison » américaine dans le dossier des sous-marins destinés à l’Australie, la France s’est présentée en délégation très restreinte. D’après les images fournis par l’ONU, seul le diplomate Franck Gellet a pris place dans l’assistance.

Si, de source française, on assure que « c’est classique », un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat a concédé que « ce n’est pas tout à fait la normale. » « Une seule personne pour un discours d’un président américain », relève davantage de l’inhabituel alors que quatre membres par pays sont autorisés à assister aux allocutions cette année.

A noter que, sans lien notable avec cette affaire, le président français, Emmanuel Macron, qui ne fera pas le déplacement, a renoncé, mardi 21 septembre, à intervenir lui-même à l’Assemblée, via une vidéo pré-enregistrée.

Il reviendra, a priori, au chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian, de porter la voix française dans un enregistrement vidéo qui devrait être diffusé en fin de semaine.

(Re)voir : La crise des sous-marins dépasse les intérêts français

Les imprécisions de Jair Bolsonaro

Le dirigeant brésilien s’est présenté au pupitre douze minutes durant. Le temps pour lui de délivrer un discours émaillé de nombreuses erreurs, notamment sur la pandémie de Covid-19, très meurtrière dans le pays.

Le sénateur Renan Calheiros, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire et qui se penche sur la gestion de l’épidémie, parle tout bonnement de mensonges. « Il a menti du début à la fin, on aurait dit qu’il parlait d’un autre pays », a-t-il constaté.

Dans les faits, M. Bolsonaro a, selon lui, « toujours dit que le virus et le chômage devaient être combattus de façon simultanée. » Au cours des premières vagues de la pandémie dans le pays, il a longtemps qualifié la maladie de « grippette » et remis en cause les restrictions prises localement par les gouverneurs.

S’il a affirmé, mardi, que son gouvernement avait « soutenu la vaccination », il affirmait pourtant en décembre 2020, que le produit Pfizer pourrait « transformer (les gens) en crocodile. »

(Re)voir : Brésil : plus de 500.000 morts du Covid-19, une troisième vague menace

Diatribe iranienne à l’encontre des Etats-Unis

Absent des débats, le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, a délivré son message via une vidéo enregistrée au préalable. Et certains passage de son intervention se sont avérés pour le moins véhément à l’encontre des Etats-Unis et de son « système hégémonique » qui a « échoué misérablement ».

« Cette année deux scènes ont marqué l’Histoire. Le 6 janvier, quand le Congrès américain a été attaqué par le peuple, et en août quand le peuple d’Afghanistan tombait d’avions américains. Du Capitole à Kaboul, un message clair a été adressé au monde : le système hégémonique des Etats-Unis n’a aucune crédibilité, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays », a-t-il ajouté.

En outre, même si Téhéran n’a « pas confiance aux promesses du gouvernement américain », M. Raïssi s’est dit favorable à la reprise des négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire, interrompues en juin. Mais seulement, « si l’objectif final est la levée de toutes les sanctions oppressives. »

(Re)lire : Sanctions américaines contre l’Iran : « Le seul moyen de pression des Iraniens, c’est l’enrichissement de l’uranium »

LE JV2 AVEC AFP

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