Présidentielle : primaire ouverte ou congrès fermé, la droite à l’heure du choix

Xavier Bertrand et le président du parti LR Christian Jacob lors de la journée parlementaire des Républicains (LR), à Nîmes, dans le sud de la France, le 10 septembre 2021.
Xavier Bertrand et le président du parti LR Christian Jacob lors de la journée parlementaire des Républicains (LR), à Nîmes, dans le sud de la France, le 10 septembre 2021. © Pascal Guyot, AFP

Les cadres des Républicains se sont mis d’accord, mardi, pour réunir les adhérents autour d’un congrès virtuel visant à choisir le mode de désignation des candidats à la présidentielle française de mai prochain. Une consultation appréciée des militants mais qui pourrait coûter cher à la droite.   

Qu’il semble loin le temps où la droite applaudissait d’un seul homme son candidat naturel pour l’élection présidentielle. À l’horizon 2022, point de successeur désigné à Chirac ou à Sarkozy. Mais une poignée de candidats dont aucun ne semble véritablement prendre l’avantage. Pour rappel, cinq candidats de la droite sont à ce jour déclarés : Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Valérie Pécresse, présidente de l’Île-de-France, Michel Barnier, ex-commissaire européen et négociateur du Brexit, Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), et Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes.  

Mais la droite n’en est pas à désigner ses candidats. Loin s’en faut. Alors que les cinq candidats écologistes s’affronteront lors d’une primaire, du 16 au 19 septembre, et que le Parti socialiste s’est déjà accordé sur l’idée d’une primaire interne, la droite peine à trancher sur le mode de désignation de son candidat. Si ce choix semble si délicat à droite, c’est parce qu’il ravive de biens mauvais souvenirs. « Dans l’esprit des militants, la débâcle de François Fillon à l’élection présidentielle est bien souvent imputée à la primaire, explique Jacques Lebigre, trésorier de la Fédération Les Républicains de l’Essonne dans un entretien à France 24. Mais c’est un tort, sa défaite n’a aucun rapport avec la primaire. » Tous les militants ne sont pas de cet avis. À commencer par Xavier Bertrand, candidat légèrement en tête dans les sondages, qui refuse de s’y soumettre. Or à ce jour, la primaire est inscrite dans les statuts. Seul un congrès peut en modifier les règles, a maintes fois rappelé Christian Jacob, président de LR.  

La base consultée

À la peine dans son organisation, le Parti républicain a pourtant franchi une étape le 14 septembre. Les responsables réunis en comité stratégique ont pris la décision de soumettre l’épineuse question aux militants. Ainsi, le parti réunira ses adhérents le 25 septembre, lors d’un congrès dématérialisé, où ces derniers seront appelés à choisir entre deux modes de désignation : soit une primaire semi ouverte aux militants et aux sympathisants de la droite et du centre sans condition d’adhésion à un parti politique, soit un congrès réservé aux adhérents à jour de leur cotisation. On avance.  

Avec prudence. Ces deux options doivent encore être confirmées la semaine prochaine en bureau politique, le 22 septembre. Sur le terrain, l’initiative plaît. « C’est une excellente chose que la base soit consultée sur ces modalités, se réjouit Geneviève, 70 ans, responsable de la permanence de l’Essonne. Souvent, les militants se plaignent de ne pas être entendus. On est très contents de savoir que la décision ne s’est pas prise dans les bureaux à Paris. Là, chacun pourra donner son avis », estime la militante qui plaide pour une primaire ouverte.  

Primaire ouverte versus congrès fermé 

La première option d’une primaire dite semi-ouverte reprendrait dans les grandes lignes celle de 2016. Il suffirait pour y participer d’ »adhérer aux valeurs de la droite et du centre » moyennant finances : les participants devront s’acquitter de 2,50 euros pour voter (soit une légère augmentation de 50 centimes par rapport à 2016). Autre nouveauté, les participants devront également préalablement se faire enregistrer dans un fichier « qui sera par la suite utilisé par le parti » pour éviter que des militants concurrents ne viennent semer le trouble dans le scrutin. Dernière condition exigée dans les deux options, les candidats doivent, de leur côté, réunir le parrainage de 250 élus issus de 30 départements différents. « C’est une bonne solution, défend Geneviève, plus ce sera ouvert, plus on aura de chance d’avoir un candidat qui rassemble, il ne faut pas se fermer. »  

Une option également soutenue par Valérie Pécresse qui plaide pour une primaire « ouverte, transparente, avec des débats qui permettront de montrer quelles sont nos différences, nos ressemblances », a-t-elle dit sur LCI, mardi soir, affirmant « entendre peu » Xavier Bertrand sur l’intégration, l’écologie, l’éducation ou encore la famille. 

Le retour de Xavier Bertrand dans la course

L’autre option se joue en circuit fermé. Les 82 000 adhérents du parti à jour de leur cotisation se rassembleront en congrès. Les centristes de l’UDI de Hervé Morin pourraient aussi se joindre au vote car la question de l’élargissement du scrutin n’a pas été statuée. Ce second congrès pourrait être organisé autour du 4 décembre. Son avantage ? Outre le fait qu’il exclut d’emblée tous les fauteurs de troubles prompts à saboter le vote, cette deuxième solution semble recueillir les faveurs de Xavier Bertrand. Ou plutôt le président des Hauts-de-France n’a pas montré de franche hostilité. Il faut dire que pour briguer la présidence, le candidat pragmatique sait qu’il ne peut se passer des finances, de l’infrastructure et des soutiens de son ancien parti. « Jamais je ne ferai perdre mon camp », a-t-il martelé au Figaro, mardi, assurant qu’il irait « dès le mois de septembre à la rencontre des adhérents LR pour exposer (son) projet », se rappelant au bon souvenir des membres de son ancien parti.  

Quelle que soit l’option retenue par les adhérents, la droite ne connaîtra pas son candidat avant la fin du mois de novembre ou début décembre. Un début trop tardif ? Certains le pensent. « Emmanuel Macron déroule tous les jours sa communication tout comme Marine Le Pen, estime Jacques Lebigre. Notre candidat partira quoi qu’il arrive avec des mois de retard. » 

LE JV2 AVEC AFP

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