Japon: qui sont les quatre candidats au poste de Premier ministre?

Un accro à Twitter, un diplomate feutré, une ultra-nationaliste fan de heavy metal et une féministe: voici les quatre candidats à la présidence du parti au pouvoir au Japon lors d’une élection interne le 29 septembre, qui déterminera aussi le nouveau Premier ministre.

Taro Kono le 10 septembre à Tokyo
Taro Kono le 10 septembre à Tokyo afp.com – Kazuhiro NOGI
 

Taro Kono, le champion de la com’

En tant que ministre de la Réforme administrative depuis septembre 2020, le populaire Taro Kono, 58 ans, a déclaré la guerre à des pratiques administratives désuètes mais toujours courantes au Japon, comme l’usage de sceaux personnels (hanko) pour valider des documents officiels.

Il était aussi chargé dans le gouvernement actuel de Yoshihide Suga de piloter la campagne nationale de vaccination contre le Covid-19. Après un démarrage poussif, celle-ci a accéléré ces derniers mois: plus de la moitié de la population japonaise a désormais reçu deux injections.

M. Kono communique fréquemment et habilement sur les réseaux sociaux: son compte Twitter en japonais est suivi par 2,4 millions de personnes, un record pour une personnalité politique de l’archipel nippon.

Libéral sur certaines questions de société – il s’est notamment prononcé pour le mariage homosexuel au Japon, interdit pour l’instant – M. Kono est aussi bien vu par les milieux économiques.

Ce descendant d’une dynastie politicienne japonaise, diplômé de la prestigieuse université américaine de Georgetown, est très à l’aise en anglais, une rareté dans son pays. Il a aussi été ministre des Affaires étrangères et de la Défense par le passé.

Certains au Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) se méfient de son côté franc-tireur, mais M. Kono a récemment adouci certaines de ses opinions personnelles critiquées en interne, comme son opposition à l’énergie nucléaire.

 

– Fumio Kishida, le modéré –

Agé de 64 ans, Fumio Kishida a été longtemps ministre des Affaires étrangères (2012-2017) dans le gouvernement de Shinzo Abe, qui l’avait considéré un temps comme son héritier naturel.

Sa longue expérience gouvernementale et son statut de modéré au sein du PLD sont des atouts, et lui-même se targue d’avoir une grande capacité d’écoute. Mais cet ancien banquier, qui veut notamment lutter contre les inégalités économiques, pâtit de son manque de charisme.

Militant pour le désarmement nucléaire dans le monde, ce natif et élu de Hiroshima (ouest du Japon) avait été l’artisan de la venue historique du président américain Barack Obama en 2016 dans cette ville dévastée par la bombe atomique en 1945.

Quand il était le chef de la diplomatie japonaise, M. Kishida avait aussi cherché à améliorer les relations entre Tokyo et Séoul, empoisonnées depuis des années par des contentieux historiques, mais les succès qu’il avait obtenus n’ont guère duré.

Sanae Takaichi le 8 septembre 2021 à Tokyo
Sanae Takaichi le 8 septembre 2021 à Tokyo afp.com – Kazuhiro NOGI
 

Sanae Takaichi, la « metal Lady »

Fervente admiratrice de Margaret Thatcher, Sanae Takaichi, 60 ans, a affirmé que comme l’ancienne « Dame de fer » britannique, elle n’hésiterait pas à prendre des mesures impopulaires si elle les jugeait nécessaires.

Cette fan de heavy metal et de moto dans sa jeunesse a occupé divers portefeuilles ministériels, dont celui des Affaires intérieures et des Communications à deux reprises (2014-2017 et 2019-2020).

Sa personnalité divise au sein du PLD, du fait notamment de ses positions ultra-conservatrices. Mme Takaichi refuse que le Japon s’excuse pour son passé militariste, comme son mentor, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, qui soutient sa candidature.

Elle visite ainsi fréquemment le sanctuaire shinto de Yasukuni à Tokyo, un lieu honni par Séoul et Pékin car honorant notamment la mémoire de responsables politiques et militaires japonais condamnés pour crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale

Seiko Noda le 3 août 2017 à Tokyo
Seiko Noda le 3 août 2017 à Tokyo afp.com – TOSHIFUMI KITAMURA

Seiko Noda, la féministe

Seiko Noda, ancienne ministre des Affaires intérieures également chargée de l’égalité hommes-femmes (2017-2018), n’a déclaré sa candidature qu’au dernier moment, ayant eu visiblement du mal à récolter le minimum requis de parrainages au sein du PLD. Ses chances paraissent ainsi très minces.

Agée de 61 ans, elle est notamment connue au Japon pour son long combat personnel pour devenir mère, à l’âge de 50 ans, grâce à une procréation médicalement assistée avec don d’ovules aux Etats-Unis, une procédure encore mal encadrée par la législation japonaise.

Elle a émis le voeu d’une société japonaise plus inclusive envers les femmes, mais aussi les enfants, les seniors et les personnes handicapées.

LE JV2 AVEC AFP

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