Argentine: manifestations en pleine crise gouvernementale

Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent le 16 septembre 2021 à Buenos Aires pour réclamer de meilleures conditions de vie, en pleine crise gouvernementale

Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent le 16 septembre 2021 à Buenos Aires pour réclamer de meilleures conditions de vie, en pleine crise gouvernementale afp.com – MAGALI CERVANTES

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté jeudi à Buenos Aires pour réclamer de meilleures conditions de vie, en pleine crise gouvernementale en raison de tensions au sein de la majorité du président péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez.

L’appel à manifester avait été lancé par des mouvements de gauche qui ont mobilisé de nombreux Argentins des quartiers populaires de la capitale, a constaté une journaliste de l’AFP. Ces derniers réclament plus d’aides pour faire face aux conséquences de la pandémie de coronavirus.

« Je ne suis ni pour ni contre le gouvernement (…) Nous voulons travailler, nous voulons des usines », a déclaré à l’AFP Gisela, mère de trois enfants, originaire de la banlieue sud de Buenos Aires.

Des mouvements péronistes avaient initialement appelé à manifester en soutien au chef de l’Etat dans l’après-midi devant la Casa Rosada, le siège de gouvernement. M. Fernandez leur a finalement demandé de s’abstenir pour faire baisser la tension.

« Nous devons donner des réponses, en honorant l’engagement que nous avons pris en décembre 2019 face à la société. Ce n’est pas le moment de soulever des différends qui nous détournent de cette voie », a écrit M. Fernandez sur Twitter.

Alberto Fernandez, au pouvoir depuis fin 2019, est confronté à une crise au sein de son propre gouvernement, après le revers électoral de sa majorité lors des primaires des partis organisées en vue des législatives du 14 novembre.

Le système de primaires générales pour tous les partis politiques, le même jour et à l’échelle nationale, est une particularité argentine. Le vote étant obligatoire, ces primaires sont un baromètre grandeur nature avant un scrutin.

Mercredi, cinq ministres proches de la vice-présidente Cristina Kirchner ont présenté leur démission. Le chef de l’Etat s’est gardé, à ce stade, de les accepter.

« Je suis ici pour vous informer officiellement que le président de la nation, Alberto Fernandez, n’a accepté aucune des démissions présentées », a déclaré à la presse Vilma Ibarra, responsable des affaires juridiques à la présidence, ajoutant que le chef de l’Etat se prononcerait en temps voulu.

L’initiative des cinq ministres est interprétée par des analystes comme une forme de pression de l’ex-présidente argentine (2007-2015) sur le chef de l’Etat pour obtenir de lui un remaniement ministériel.

Le mécontentement de la population à l’égard du gouvernement ne cesse de croître dans un pays en récession depuis 2018 où le PIB a chuté de 9,9% en 2020 en raison de la pandémie.

Dimanche, la coalition au pouvoir a recueilli moins de 31% des suffrages contre 40% pour la coalition de centre droit de l’ex-président Mauricio Macri (2015-2019).

LE JV2 AVEC AFP

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