SpaceX s’apprête à envoyer ses premiers touristes dans l’espace

L'équipe des quatre touristes qui participent à la mission Inspiration4 de SpaceX.
L’équipe des quatre touristes qui participent à la mission Inspiration4 de SpaceX. © John Kraus, AFP

Pour la première fois, SpaceX envoie mercredi dans l’espace des passagers privés, qui doivent passer trois jours en orbite de la Terre.

Une fusée de SpaceX doit envoyer mercredi 15 septembre quatre passagers, tous des civils, dans l’espace, pour trois jours en orbite autour de la Terre. Baptisée Inspiration4, cette mission est la première de l’Histoire à n’envoyer en orbite que des novices, sans aucun astronaute professionnel à bord. 

Le décollage doit avoir lieu à partir de 20 h 02, avec une fenêtre de lancement de cinq heures et pour le moment une météo favorable. La fusée Falcon 9, portant à son sommet la capsule Dragon, sera propulsée depuis la mythique aire de lancement 39A du Kennedy Space Center de la Nasa, en Floride, d’où décolla notamment la mission Apollo 11 pour la Lune.

Les quatre Américains à bord doivent voyager plus loin que la Station spatiale internationale (ISS), à une orbite visée de 575 km. Ils feront chaque jour environ 15 fois le tour du globe.

Au terme de leur périple, ils entameront une vertigineuse descente pour amerrir au large de la Floride, freinés par d’immenses parachutes.

« Nous nous rendons compte de notre chance »

La mission a été affrétée par le milliardaire Jared Isaacman, 38 ans, patron d’une entreprise de services financiers et pilote aguerri. Le prix qu’il a payé à SpaceX n’a pas été dévoilé, mais se compte en dizaines de millions de dollars. Il sera le commandant à bord, et a offert trois autres sièges à des inconnus.

Hayley Arceneaux, rescapée d’un cancer pédiatrique, est une assistante médicale de 29 ans. Elle sera la plus jeune Américaine à se rendre en orbite et la première personne avec une prothèse (de fémur). Chris Sembroski, 42 ans, est un ancien de l’armée de l’air américaine travaillant désormais dans l’industrie aéronautique. Enfin, Sian Proctor, professeure de sciences de la Terre de 51 ans, avait failli être sélectionnée en 2009 pour devenir astronaute de la Nasa. Elle sera seulement la quatrième femme Afro-Américaine à aller dans l’espace.

Le but affiché : opérer un tournant dans la démocratisation de l’espace, en prouvant que le cosmos est aussi accessible à des personnes n’ayant pas été triées sur le volet, et formées durant de longues années comme les astronautes. Pour SpaceX, il ne s’agit rien de moins que d’un premier pas vers une humanité multiplanétaire, la vision ultime d’Elon Musk.

« Nous nous rendons compte de notre chance, et nous essayons d’être très réfléchis dans notre approche, afin d’établir, on l’espère, la norme pour les missions à suivre », a déclaré mardi Jared Isaacman lors d’une conférence de presse. « Ça ne fait que commencer. »

À bord, leurs données biologiques (rythme cardiaque, sommeil…) ainsi que leurs capacités cognitives seront analysées. Ils se plieront également à des tests avant et après le voyage, pour mesurer l’effet sur leurs corps.

Six mois d’entraînement

Leur entraînement n’a duré qu’environ six mois. Le vol devrait normalement rester entièrement automatisé, mais l’équipage a été formé par SpaceX pour pouvoir prendre le contrôle en cas de situation d’urgence.

Ils ont également été testés physiquement. Ensemble, ils ont notamment effectué un trek dans la neige jusqu’à plus de 3 000 mètres d’altitude dans le Nord-Ouest américain.

La mission sert par ailleurs d’immense levée de fonds pour l’hôpital pédiatrique de St Jude (Memphis, Tennessee), où travaille aujourd’hui Hayley Arceneaux après y avoir été soignée enfant. Dans le vaisseau se trouveront divers objets (un ukulélé, 30 kg de houblon destiné à faire sur Terre de la bière saveur espace…) qui seront ensuite mis aux enchères.

Cette mission conclut un été marqué par l’envol de milliardaires au-dessus de l’ultime frontière : d’abord Richard Branson le 11 juillet, à bord du vaisseau de Virgin Galactic, puis, quelques jours plus tard, Jeff Bezos, avec sa société Blue Origin. Mais ces vols-là n’offraient que quelques minutes en apesanteur.

C’est la quatrième fois que l’entreprise d’Elon Musk, devenue en quelques années seulement un géant du secteur, envoie des humains dans l’espace, après avoir acheminé dix astronautes vers l’ISS pour le compte de la Nasa.

Il y a déjà eu des touristes dans l’espace : de riches personnalités se sont par exemple rendues dans l’ISS entre 2001 et 2009, à bord de fusées russes. Mais l’avènement des programmes d’entreprises privées marque aujourd’hui un tournant. SpaceX prévoit par la suite d’autres vols de tourisme spatial, dont un dès janvier 2022, qui doit notamment transporter trois hommes d’affaires vers l’ISS.

LE JV2 AVEC AFP

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s