La Russie bloque la prolongation de la mission politique de l’ONU en Libye

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Jan Kubis, photographié à Berlin, le 18 mars 2021.
L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Jan Kubis, photographié à Berlin, le 18 mars 2021. © Kay Nietfeld, AFP

Moscou a provoqué un blocage au Conseil de sécurité sur le renouvellement pour un an de la mission politique de l’ONU en Libye, qui arrive à expiration mercredi soir.

La Russie, menaçant d’utiliser son droit de veto, a provoqué un blocage au Conseil de sécurité sur le renouvellement pour un an de la mission politique de l’ONU en Libye a-t-on appris, mardi 15 septembre, de sources diplomatiques.

Le langage prévu dans le projet de résolution rédigé par le Royaume-Uni, portant sur le retrait de Libye des troupes étrangères et mercenaires ainsi que sur le rôle de l’émissaire de l’ONU, ne convient pas à Moscou, a-t-on précisé de mêmes sources.

>> Des mercenaires russes et des soldats syriens soutiennent le maréchal Haftar, selon l’ONU

Le mandat de la mission onusienne arrive à expiration mercredi soir et le Conseil de sécurité a prévu de voter dans la matinée une simple « prolongation technique » jusqu’à la fin du mois afin « de résoudre les problèmes » d’ici là, a précisé un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Interrogée, la mission diplomatique russe à l’ONU s’est refusée à tout commentaire, expliquant que des négociations étaient toujours en cours.

Lors du dernier débat du Conseil de sécurité sur la Libye, la Russie avait insisté pour que tout retrait de troupes étrangères s’effectue de manière équilibrée afin de ne pas compromettre l’équilibre des forces en Libye.

La Russie apporte depuis longtemps un soutien militaire au maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est de la Libye, alors que la Turquie a déployé dans le pays des troupes en appui du gouvernement établi à Tripoli.

Dans un récent rapport, l’ONU a recommandé d’en finir avec le duo se partageant depuis début 2021 la direction de sa mission, imposé en 2020 par les Etats-Unis contre l’avis des 14 autres membres du Conseil de sécurité. Cette direction comprend un émissaire à Genève (le Slovaque Jan Kubis) et un coordonnateur installé dans la capitale libyenne (le Zimbabwéen Raisedon Zenenga).

L’ONU recommande de n’avoir qu’un émissaire établi à Tripoli, comme c’était le cas dans le passé.

La Libye tente de s’extraire d’une décennie de violences depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Les combats ont cessé à l’été 2020 et un cessez-le-feu a été signé, mais les divisions ont rapidement refait surface, rendant de plus en plus hypothétiques les élections programmées pour le 24 décembre.

LE JV2 AVEC AFP

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