Nigeria: libération de dizaines d’étudiants enlevés, une base militaire et une prison attaquées

Des forces de sécurité nigérianes en novembre 2020

Des forces de sécurité nigérianes en novembre 2020 afp.com – Audu Marte

Des dizaines d’élèves enlevés début septembre ont été libérés par leurs ravisseurs dans l’Etat de Zamfara, dans le nord du Nigeria, où l’armée a lancé plusieurs opérations militaires contre les groupes armés locaux qui multiplient attaques et kidnappings depuis des mois.

Toujours à Zamfara, douze membres des forces de sécurité nigérianes ont par ailleurs été tués samedi dans l’attaque d’une base militaire, selon des sources sécuritaires, tandis que 240 détenus se sont évadés d’une prison lors d’un autre assault dans l’Etat de Kogi (centre).

Plus de 70 élèves et des enseignants avaient été enlevés à Kaya le 1er septembre, dernier épisode en date d’une série d’enlèvements de masse dans des écoles et des collèges depuis le début de l’année par des hommes lourdement armés, qualifiés localement de « bandits ».

« 75 otages du lycée public de Kaya ont été libérés dimanche soir », a déclaré à l’AFP une source du gouvernement local. « Ils semblaient en forme et indemnes ».

Selon des sources sécuritaires, ils ont été libérés en échange de la promesse de laisser à leurs ravisseurs un passage sûr hors de la forêt où ils s’étaient retranchés, l’armée ayant encerclé leur camp.

« L’enclave tenue par les bandits a été assiégée par les forces de sécurité et ils ont accepté de relâcher les otages en échange d’un passage sûr », a indiqué une source.

Les gangs criminels sévissent dans les Etats du Nord-Ouest et du centre du Nigeria, où ils mènent des raids violents pour piller des villages, voler du bétail et enlever des habitants pour obtenir des rançons.

Ils s’en prennent tout particulièrement aux écoles et aux établissements scolaires, cibles faciles car souvent mal protégées et situées dans des zones rurales isolées. Plus de 1.000 élèves ont ainsi été enlevés cette année au cours d’une série d’attaques.

La plupart de ces élèves ont été libérés après des négociations et certains se sont échappés, mais des dizaines d’entre eux sont toujours retenus par leurs ravisseurs.

Les bandes criminelles trouvent généralement refuge à l’abri de la forêt de Rugu, qui s’étend à cheval sur les Etats de Kaduna, Katsina, Zamfara et Niger.

– Base militaire attaquée-

Ces derniers jours, des centaines de militaires, assistés d’hélicoptères et de l’aviation ont été déployés pour traquer les « bandits » à Zamfara. Les télécommunications ont été supendues par les autorités pour les empêcher d’échanger des informations sur les mouvements de troupes.

Alors que ces opérations se poursuivaient, des assaillants ont attaqué samedi à Mutumji une base militaire, faisant 12 morts parmi les forces de sécurité avant de voler des armes et d’incendier des bâtiments, ont affirmé à l’AFP deux sources sécuritaires.

« Les assaillants ont pris d’assaut la base vers 10H30 (locales) et ont engagé les troupes dans une violente fusillade », a déclaré une source sécuritaire.

« Ils ont pris le dessus sur les troupes et tué 12 personnes, neuf membres de la marine, un soldat et deux policiers », a ajouté cette source, dont le bilan été confirmé par une deuxième source au sein des forces de sécurité.

Mutumji, dans le district de Dansadau, à environ 80 km de la capitale de l’Etat de Zamfara, Gusau, est une base militaire stratégique dans la lutte contre les bandes armées de la région.

Par ailleurs, des hommes armés ont pris d’assaut dans la nuit une prison de l’Etat de Kogi, dans le centre du Nigeria, libérant des dizaines de détenus, selon un porte-parole des services pénitentiaires.

Vers 22H45 GMT dimanche, « 240 détenus ont été libérés » dans l’attaque de la prison de Kabba, à Kogi, par de nombreux hommes armés, a déclaré Francis Enobore, porte-parole des services correctionnels du Nigeria.

– « Violente fusillade » –

Une « violente fusillade » a eu lieu entre les assaillants et gardes armés de la prison, qui comptait alors 294 détenus, a-t-il ajouté.

Dans tout le nord du Nigeria, de larges pans du territoires échappent au contrôle de l’armée et des autorités, très critiquées pour leur impuissance à protéger les populations civiles des multitudes de groupes armés qui y opèrent.

Outre le nord-ouest du pays, où sévissent les gangs criminels avant tout motivés par l’argent, le nord-est du Nigeria est en proie à une sanglante insurrection jihadiste qui dure depuis 12 ans et a fait 40.000 morts.

Depuis peu, les bandes criminelles lourdement armées qui pillent les villages et kidnappent les habitants dans les Etats du nord-ouest et du centre ont commencé à cibler des militaires, suscitant l’inquiétude d’observateurs qui se préoccupent de liens croissants entre groupes criminels et jihadistes.

En juillet, des « bandits » ont abattu un avion de l’armée de l’air au-dessus de Zamfara alors qu’il rentrait d’une opération. Des hommes armés ont également attaqué une académie militaire dans l’Etat de Kaduna le mois dernier, tuant deux officiers et en enlevant un autre.

LE JV2 AVEC AFP

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